Comment ne pas tout remettre au lendemain, Dr Bruno Koeltz (Odile Jacob poche)

 
 

Ce livre apporte des réponses aux questions suivantes :

–          Qu’est-ce que la « procrastination » et qui cela concerne-t-il ?

–          Comment et pourquoi beaucoup d’entre nous ont-ils cette propension à tout remettre au lendemain ?

–          Comment agir concrètement pour changer ?

Intérêt du livre : des explications claires et étayées pour mieux comprendre la propension que bon nombre d’entre nous avons à « remettre au lendemain ». Des conseils pratiques et immédiatement applicables.

Limites du livre : une approche essentiellement cognitive et comportementale, qui laissera sûrement certains sur leur faim (ou en rade). Autrement dit, le phénomène est appréhendé comme étant la conséquence de « croyances dysfonctionnelles » et relèverait d’un apprentissage qu’il s’agirait de modifier. Pour la plupart d’entre nous, les conseils seront d’une aide certaine. Pour ceux dont la propension à procrastiner est le fruit de contradictions plus profondes, il méritera d’être complété par une aide plus substantielle. Cela reste une excellente entrée en matière !

 

Chronique et résumé du livre Comment ne pas tout remettre au lendemain :

La procrastination ne se limite pas au simple fait de « remettre à plus tard », ce qui, en soit, peut être considéré comme une manière adaptée de gérer son temps. Elle s’accompagne en plus d’un sentiment de culpabilité.

Cependant : vous n’êtes pas le seul, ce comportement porte un nom et il existe des remèdes.

 

Première partie : La tendance à tout remettre au lendemain, qu’est-ce que c’est ?

La tendance à procrastiner est le fruit d’un apprentissage. Il existe donc un certain nombre de leviers pour en venir à bout, ou du moins limiter les effets négatifs qui lui sont imputables dans notre quotidien.

Dans le cadre scolaire, sachez qu’une étude américaine met en évidence que 20 à 50% des étudiants souffrent de procrastination. Il ne s’agit donc pas d’un phénomène isolé, même s’il semble faire l’objet de beaucoup plus d’études outre-Atlantique qu’en France.

Evidemment, il n’existe pas de recette miracle aux effets immédiats, mais des pratiques concrètes et des exercices identifiés qui pourront certainement vous aider à la fois à mieux comprendre comment vous procrastinez, pourquoi vous procrastinez et comment vous pouvez progressivement limiter ou vous débarrasser de cette habitude.

Car le problème ne vient pas du retard en lui-même que vous prenez à effectuer telle ou telle tâche ou corvée, mais du niveau de stress et de tension que cela génère pour vous, ainsi que de la qualité du travail que vous réalisez.

 

Deuxième partie : Pourquoi et comment remettez-vous au lendemain ?

Comprendre les causes de votre propension à tout remettre au lendemain est une nécessité. C’est à partir de cette analyse préalable que vous pourrez repérer à la fois les facteurs qui déclenchent chez vous ce comportement et ceux qui le maintiennent. Vous pourrez ainsi identifier les leviers sur lesquels appuyer pour faire évoluer votre comportement.

Car la façon dont chacun « remet au lendemain » et les circonstances qui poussent à le faire sont personnelles. Mieux se connaître, c’est être en mesure de sélectionner et personnaliser les techniques qui seront les plus adaptées.

Le Dr Koeltz catégorise quatre hypothèses qui peuvent vous aider à cerner ce qui vous pousse à procrastiner (plusieurs sont parfois vraies pour une même personne) :

 

1-      Eviter d’avoir à se confronter à la frustration : car reporter ne veut pas forcément dire « ne rien faire ». En général, un étudiant remet à plus tard le ménage de sa chambre ou ses révisions pour sortir avec des amis, regarder la télé ou jouer en ligne à un jeu vidéo. Le fait est que bien souvent, le plaisir immédiat qu’il prend à ces différentes activités lui semble préférable au bénéfice qu’il pourrait éventuellement retirer (mais plus tard) d’activités moins plaisantes. Nous avons toujours tendance à repousser les comportements aux conséquences lointaines lorsqu’ils sont désagréables.

 

2-      Protéger son estime de soi : cette hypothèse se décline elle-même selon quatre propositions :

1)      La « bonne excuse » : vous acceptez toute sorte de missions « pour faire diversion ». Vous craignez un jugement négatif par manque de confiance en vous, une surcharge de travail justifie donc que vous n’ayez pas pu assumer toutes les tâches qui vous incombaient. Qui pourrait vous le reprocher ?

2)      La peur de l’échec : pour vous, une erreur ou un travail imparfait vient remettre en question de manière globale votre valeur personnelle.

3)      La peur de la réussite : comment pourriez-vous accepter une promotion ou de nouvelles responsabilités prestigieuses ? Vous doutez tellement de pouvoir être à la hauteur…

4)      Le perfectionnisme : le niveau d’excellence que vous souhaitez atteindre est irréaliste (même s’il est parfois socialement prescrit !). Il devient dysfonctionnel lorsque vous vous retranchez derrière pour justifier votre procrastination. A l’impossible, nul n’est tenu.

 

3-      Résister aux autres : vous dites oui, mais vous faites non. Il s’agit d’un comportement passif-agressif qui vous permet d’exprimer votre agressivité par l’inaction. Vous ne vous soumettez pas, mais vous ne vous exposez pas à une sanction.

 

4-      Besoin de sensations fortes : certains d’entre nous ont besoin d’un haut niveau de stimulations pour agir. C’est le cas par exemple des étudiants qui disent ne pouvoir se mettre au travail que lorsqu’ils sont au pied du mur (suite à une mauvaise note ou la veille des examens). D’autres sont tout simplement insensibles aux signaux extérieurs qui pousseraient la majorité à agir. L’entourage peut ainsi se faire des cheveux blancs lorsqu’une personne dédramatise sans arrêt les enjeux liés au fait de repousser certaines actions pourtant pressantes.

Une caractéristique plutôt bien partagée par l’ensemble des procrastinateurs est leur propension à sous-estimer le temps nécessaire à la réalisation des tâches qu’ils ont à  réaliser.

Enfin, tous sont également aux prises avec des « pensées irrationnelles » qui expliquent pour une large part leur inhibition à agir. Par exemple, une personne qui a à cœur de protéger son « estime d’elle-même » à tout prix aura tendance à se dire : « je n’ai pas le droit à l’erreur », « si mon travail n’est pas parfait, mon responsable va me trouver nul », « je ne peux être apprécié que si je suis excellent ». Le discours interne d’une personne dont le projet est de résister pourrait quant à lui être de cette forme : « exécuter est un signe de faiblesse », « je ne peux pas donner mon avis sans prendre de risque ». Ces pensées irrationnelles, si elles sont déconstruites, peuvent perdre de leur influence sur le comportement d’une personne. Cela fait partie du projet d’action proposé dans la dernière partie de l’ouvrage.

 

Troisième partie : Changer et agir sans attendre

Surtout, ne commencez pas cette partie en pensant qu’elle contient une liste de « bonnes résolutions » à prendre. C’est le meilleur moyen de « remettre à plus tard ». Comme le souligne l’auteur, « offrir un agenda à un procrastinateur, c’est comme demander à un déprimé de sourire ». Le défaut des « bonnes résolutions » est qu’elles sont bien souvent floues, trop ambitieuses, peu motivées et sans plan d’action concret.

Cette partie propose des conseils utiles, précis et immédiatement applicables.

Il s’agit tout d’abord de se préparer, et donc de faire son bilan :

–          Quelles activités remettez-vous systématiquement au lendemain ?

–          Avez-vous tendance à sous-estimer le temps nécessaire pour réaliser certaines tâches ?

–          Quelles sont vos motivations ?

–          Quelles sont vos priorités ?

Il est important de ne pas vouloir tout changer en même temps et donc de s’assigner des objectifs précis, concrets et réalistes, ainsi que des échéances.

Une fois la liste de vos « tâches systématiquement remises au lendemain » établie, il s’agit de repérer vos « jokers » : les activités que vous remettez à plus tard avec le prétexte de vous attaquer à une activité que vous aviez elle-même déjà remise à plus tard. Vous avez alors l’impression de vous attaquer à votre problème de procrastination alors qu’il ne s’agit que d’un leurre.

Il s’agit ensuite d’analyser et combattre :

–          Une perception du temps erronée,

–          Une motivation pernicieuse (penser par exemple qu’il faut patienter jusqu’au bon moment alors que bien souvent, c’est le passage à l’action qui stimule la motivation),

–          Des pensées irrationnelles et inhibitrices.

Enfin, le Dr Koeltz propose sept techniques concrètes permettant de passer à l’action :

  1. Se fixer des échéances réalistes.
  2. Identifier quels sont ses « starters », à savoir des « tâches préliminaires » qui vont faciliter le passage à l’action (ex : commencer par un brainstorming lorsque l’on doit réviser, prendre un café, rituel…)
  3. Se faire un « plan de 5 minutes » : dites-vous que vous n’allez vous mettre à la tâche que 5 minutes, après lesquelles vous pourrez retourner à des activités plus distrayantes. Dans la plupart des cas, ce pied à l’étrier vous permettra de poursuivre. Dans le pire des cas, votre calvaire n’aura duré que 5 minutes…
  4. Travaillez par couche : pourquoi faudrait-il que vous fassiez tout, tout de suite et parfaitement ? Bill Gates n’a pas mis en vente un logiciel parfait d’emblée. Chaque année compte son lot de mises à jour et améliorations !
  5. Appliquez la « technique du salami » : démultipliez les étapes intermédiaires qu’il vous faudra franchir pour atteindre votre but. Chaque étape vous paraîtra beaucoup accessible.
  6. Prévoyez des récompenses : envisagez de vous faire plaisir à chaque progrès ou tâche accomplie.
  7. Contrôlez les stimuli extérieurs : écarter les sources de distraction, envoyez-vous des signaux (collez des post-it avec des slogans choisis sur vos sources de distraction comme la télévision, le frigo ou le téléphone…), prenez votre entourage à témoin de votre objectif de changer, associez-vous avec des personnes qui partagent les mêmes objectifs.

La fin de l’ouvrage est consacrée à des conseils lorsque l’on vit avec un procrastinateur (soyez patient et modeste, commencez par comprendre…), des informations complémentaires au cas où la propension à remettre au lendemain se révélerait être un symptôme de problèmes plus profonds (dépression, hyperactivité, TOC…) et enfin quelques pistes pour se faire aider dans le cadre d’un accompagnement thérapeutique le cas échéant.

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