Comment définir son projet professionnel ? Partie 2

 
 

La plupart d'entre nous ne se pose pas la question de savoir ce qu'il veut vraiment.

Nous faisons souvent confiance à notre entourage, notre famille ou nos amis pour nous dire ce qu'ils pensent bon pour nous. Ce qu'ils feraient "à notre place". Nous lisons, écoutons les "experts", cherchons parfois les bons conseils de ceux qui ont pensé à la question à notre place. Qu'en pensent les autres ?

Si la place d'où ils parlent nous rassure, si les résultats qu'ils ont obtenus ou les réussites qu'ils affichent nous apparaissent enviables, alors nous sommes prêts à suivre leur voie, ou leur voix.

Dans le cadre de la partie 1 de cet article, j'ai évoqué le cours que j'ai construit pour aider mes étudiants à préciser leur projet professionnel. L'objectif premier de la démarche que j'ai retenue est de les amener à se centrer sur eux-mêmes : qui sont-ils ? Qu'est-ce qui est important pour eux ? Comment articuler leurs talents avec l'activité professionnelle à laquelle ils se destinent ?

Pour eux qui viennent d'avoir leur baccalauréat, qui ont choisi de s'inscrire en école d'ingénieurs parce qu'ils étaient bons en maths ou qu'ils estimaient qu'il s'agissait de l'orientation la plus "sûre" en terme de salaire et de débouchés professionnels à la sortie, cette séance a souvent pour effet de les déstabiliser… Finalement, cette voie dans laquelle ils se sont engagés est-elle celle qu'ils veulent vraiment ?

Plusieurs demandent alors à me rencontrer individuellement pour faire le point.

Ils doutent. Mais ils osent se questionner sur leurs motivations, leurs envies…leur désir.

Comment sait-on ce que l'on désire vraiment ?

Paul a pris beaucoup sur lui pour se risquer à me demander un entretien. Il est d'un naturel timide.

Il n'est pas sûr de vouloir devenir ingénieur. Ses parents sont contents de le voir engagé dans cette voie, lui ne sait plus trop.

Aime-t-il les cours qu'il suit ? S'intéresse-t-il aux projets qu'il pourrait faire une fois son diplôme en poche ? Pas vraiment.

Je lui demande alors : mais qu'est-ce qui vous intéresse vraiment ?

Il n'ose pas…pense ne pas vraiment savoir…

Et puis il finit par m'avouer sur le ton de la révélation qu'il aime l'art.

L'art ?

Oui, la musique, le dessin, les tableaux…

Vous pratiquez ?

Depuis un an, je suis des courts de mosaïque. Mais je suis nul, ce n'est pas avec ça que je vais trouver quoi faire dans la vie…

Je réponds : ce n'est pas parce que l'art vous intéresse qu'il faut que vous deveniez artiste ! Est-ce que vous vous voyez confectionner des mosaïques tous les jours, puis vous faire connaître pour les vendre ?

Non, me répond-il. Mais alors, que dois-je faire ?

Quels sont vos talents ?

J'ai découvert il y a peu le livre de Pascale Baumeister intitulé Révéler sa véritable personnalité avec la personal branding et suivi une formation organisée par Anne Soto-Mayor sur le thème du projet professionnel.

 

 

Il n'est pas question dans ce livre de faire le bilan de ses défauts et qualités afin de corriger les premiers et enrober les secondes. Il s'agit avant tout de se questionner sur soi et ce que l'on veut partager.

Pourquoi, au lieu de chercher à correspondre à ce que les autres veulent, nous ne travaillons pas à révéler ce que nous sommes vraiment ?

Pour une personne comme moi qui doute sans arrêt de ses qualités, le processus fait plutôt peur. Pour Paul aussi…

Je lui dis alors : si vous vous intéressez à l'art, c'est peut-être que la dimension esthétique des choses vous intéresse, ou alors est-ce autre chose…

Non, non, c'est bien cela me dit-il.

Il existe une multitude de professions dans le cadre desquelles cette capacité à rechercher l'harmonie des couleurs ou le bon agencement de l'espace est recherché : la décoration intérieure, le design, l'agencement d'espaces verts, l'architecture, le graphisme, l'infographie, etc.

Peut-être pourriez-vous faire quelques recherches pour découvrir les études et débouchés professionnels dans le cadre de ces différents domaines ? Peut-être pourriez-vous également préciser quels sont les différents débouchés qui s'offrent à vous dans le cadre de cette école d'ingénieurs. Peut-être que de mieux entrevoir les différents stages possibles vous donnerait des idées auxquelles vous n'avez pas pensées.

 

Le visage de Paul s'éclaire.

Nous n'avons pas parlé de réorientation, ni d'orientation précise. Nous avons tout juste commencé à évoquer des portes à ouvrir et des rêves à suivre.

La suite dans la partie 3.

 

2 thoughts on “Comment définir son projet professionnel ? Partie 2”

  1. Bonjour,
    Récemment, j'ai construit avec d'autres collègues un outil (VGPP) dont le but est de se questionner sur son projet professionnel. Il est bien entendu ouvert et ne constitue que le début de la démarche. Votre article illustre bien ce que nous nommons par "envies" dans la catégorie du Soi de cet outil. voici l'article correspondant : http://www.globalautonomie.com/blog/vgpp-etudiant-soi
    J'aime votre approche sur le désir, mais j'ajouterai que le désir ne constitue qu'une dimension du projet. Il me semble nécessaire de l'articuler avec d'autres (nos activités, nos compétences, notre contexte, etc.). D'où l'outil Vision Globale d'un Projet Professionnel (VGPP) dont le but est d'articuler tous ces éléments. Sinon, on risque de tomber dans une forme de déconnexion par rapport au réel.
    Il me semble que c'est cette tension entre le désir (qui est personnel) et le réel (contexte, activités, etc.) qui doit être vivante pour continuer à avancer et créer…

    1. Bonjour,

      Merci beaucoup pour votre commentaire et le partage de votre propre démarche (je vais je pense y trouver beaucoup de choses intéressantes). 

      En réalité, les étudiants que je rencontre sont tellement envahis par le réel (ne pas se retrouver au chômage, écouter leurs parents et plus globalement la voix de la raison…) qu’ils ne se posent plus la question de savoir ce qu’ils veulent vraiment… C’est donc comme vous le dites une question d’équilibre à trouver.

      Mais je n’ai pas terminé de raconter la démarche. Je voudrais justement mettre en évidence comment les différents enjeux (réels, relationnels, sociaux, inconscients…) s’entremêlent lorsque l’on se pose des questions si importantes ayant trait finalement à l’existentiel.

      A bientôt,

      Hélène 

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