Comment progresser en « dissertation » ? (partie 2)

Dans la première partie de cet article, j'ai attiré votre attention sur l'importance de repérer les paramètres dont dépendait la réponse à la question posée.

 

 

Voici un tableau récapitulatif des questions à se poser en fonction de la nature des sujets qui vous sont soumis (cliquez sur l'image ci-dessous pour la faire apparaître en format PDF plein écran) :

 

Pour analyser un sujet de dissertation, vous pouvez donc suivre le cheminement suivant :

1- Définir les termes : c'est essentiel même si cela vous paraît parfois superflu. 

2- Repérer si certains mots sont polysémiques. Je vous donne l'exemple du mot "contre", qui signifie à la fois "opposé à" et "proche de" : contre ou tout contre ? Encore une fois, la façon dont on envisage ce terme dépend des circonstances…

3- Repérer les présupposés : il s'agit des propositions qui doivent être acceptées comme vraies pour que l'énoncé ait un sens. Par contre, dans le cadre d'un sujet de dissertation, il est souvent nécessaire de les justifier ou de les discuter.

4- Repérer les critères et paramètres dont dépend la question posée : c'est le fameux "ça dépend…", mais de quoi ?

 

Reprenons l'exemple de l'article précédent : "Comment s'habiller le matin ?"

Il s'agit bien évidemment d'un sujet complètement fictif, que j'ai choisi parce qu'il ne présentait a priori aucune difficulté.

Définir le terme "s'habiller".

Pas de termes polysémiques à priori…

Présupposé : que l'on s'habille le matin (ce qui est discutable…ça dépend des jours…et puis on peut se changer en cours de journée en fonction des circonstances…)

Paramètres : la météo, la culture, l'activité pratiquée, l'occasion, le genre, la catégorie socio-professionnelle, etc.

 

Maintenant, prenons d'autres exemples de sujets de dissertation possibles :

A quoi sert l'école ?

Que sommes-nous condamnés à apprendre ?

L'homme contre le citoyen.

 

Voici donc trois sujets. Je vous propose de les analyser en suivant la méthode proposée dans cet article. 

Avez-vous des idées ? Rencontrez-vous des difficultés ? Lesquelles ? 

 

La partie 3 de cet article portera sur la difficulté suivante : pourquoi n'avons-nous aucune idée face à certains sujets et comment y remédier ?

 

 

 

 

5 thoughts on “Comment progresser en « dissertation » ? (partie 2)”

  1. Bonsoir,

     

    Les trois sujets m'interessent fortement. Je vais choisir le deuxième par élimination (je parle souvent du premier, et je ne souhaite pas soulever à moi-même les reflexions du troisième).

    Que sommes-nous condamnés à apprendre ?

    Le sujet est une question ouverte, elle suppose que l'on apporte des élèments qui viendraient donner raion et tort à l'affirmation. Avant ça, il y a deux termes à définir : l'apprentissage (a priori, c'est le fait de s'approprier un savoir ou un savoir faire, le terme n'est pas polysémique) ; la condamnation (qui pourrait aussi bien signifier apprendre "contre son gré" (parce que l'on est trop jeune ou bien parceque l'on est embrigadé par exemple) ou bien apprendre suite à une peine).

    Présuposé : sommes nous réellement condamnés à apprendre ? A priori, à travers les deux exemples (enfance, lorsque l'on est embrigadé), la réponse est oui.

    La question sous-entend aussi que nous sommes condamnés à ne pas pouoir désapprendre ces choses, sinon, ce n'est pas vraiment une peine. Je sais que ce n'est pas tout à fait vrai e ne sais pas quoi faire de cette reflexion.

    Critères dont dépend la réponse ? dépend de la condamnation, dépend de l'apprentissage (est ce vraiment une condamnation que d'apprendre quelque chose dont nous profiterons ?)

    Je ne sais pas (encore) relier ces informations pour faire une vraie dissertation.

     

    Maxime

     

    PS : où en êtes-vous de votre questionnaire ?

    1. Bonjour Maxime, 

      Vos propositions sont très intéressantes. Je vais m’en servir pour rédiger l’article suivant.

      Merci à vous,

      Hélène

      ps : concernant le questionnaire, j’en ai finalisé une première version qui je pense sera testée en l’état à la rentrée…

  2. Bonsoir,

    J’ai de grosses difficultés pour problématiser un sujet. Je vais essayer de déconstruire ma réflexion afin de bénéficier de vos conseils:

    « Que sommes-nous condamnés à apprendre ? »

    Le pronom personnel « nous », met en évidence l’idée qu’il existerait un savoir (« apprendre ») commun (déjà se pose la question de savoir s’il existe un socle commun de connaissances valable pour la communauté humaine? Un groupe?)

    « apprendre »= savoir/ savoir-faire/ prendre connaissance

    « condamnés » (terme polysémique) = idée d’une sentence/ d’une fatalité. Ici, ça serait l’idée de l’absence de choix de la part du sujet, d’obligation+ risques dans le cas où il chercherait à y déroger

    Présupposés: il existerait une somme de connaissances et/ou de savoirs-faire que les individus doivent acquérir sous peine d’en supporter des conséquences dans la mesure où elle lui serait indispensable.

    Critères dont dépend la réponse: type de savoirs, qui fixe ces impératifs (de quel point de vue on se place), nature/ norme, validité dans le temps et l’espace, non applicable à tous

    Arguments: apprendre à communiquer pour répondre à un besoin vital (théorie de l’attachement) sous peine de développer des souffrances psychiques/ d’un savoir-faire pour gagner sa vie sous peine de se précariser/ des règles de savoir-vivre (à l’école, par exemple) sous peine de porter atteinte au vivre-ensemble.

    Ces exemples posent une limite au sujet: ce que l’on doit acquérir varie en fonction des individus et du temps (de la norme, en fait), mais également des événements.

    Arguments: Les règles et les lois diffèrent d’une société à l’autre et d’une époque à une autre. Elles relèvent du conventionnel et non du naturel / en temps de guerre, les individus doivent développer des logiques de survies/ le savoir-faire est variable d’une personne à une autre

    Cette notion de nécessité, d’obligation associée à la norme n’induirait-elle pas une certaine idée de l’ordre et du conformisme ? Ne sommes nous pas plutôt conditionner à accepter de « servir » le système qui définit les « savoirs » qui lui permettent de survivre ?

    le système scolaire comme variable d’ajustement: développer des savoirs en fonction des besoins économiques du système/ la culture au service du pouvoir: exemple du classicisme, esthétique liée au pouvoir du roi et de la Bataille d’Hernani comme symbole de la lutte des romantiques contres les normes

    Bon, j’ai essayé de développer un maximum (pardon pour la longueur) afin que vous puissiez évaluer mon raisonnement.

    Merci par avance des conseils que vous pourrez me prodiguer

    Bien à vous,

    Saïda

    1. Bonjour,

      Je trouve votre développement TRES pertinent.

      Comment maintenant passer de vos idées…à une problématique…à un plan ?

      Je vais utiliser votre commentaire pour écrire le prochain article de cette série sur la dissertation.

      Merci beaucoup de vous être prêtée à l’exercice !

      A bientôt (d’ici une ou deux semaines),

      Hélène

      1. Tout le plaisir était pour moi…

        Ce type d’exercice est, en fait, très stimulant. Je pense réitérer l’expérience. Merci de le proposer!

        Je suis impatiente de prendre connaissance de votre article…

        Bien à vous

        Saïda

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