Intéressez votre public, à l’oral comme à l’écrit

 
 

Voici le thème de mon dernier cours à destination de mes étudiants en école d’ingénieur : comment comprendre l’absence de motivation à se mettre au travail.

Jusque-là tout va bien.

Le sujet les préoccupe : ils sont sous-motivés, ils n’arrivent pas à se mettre au boulot, ils se demandent comment ils vont venir à bout de leurs révisions pour la semaine suivante.

J’ai passé trois semaines à préparer mon intervention : j’ai lu trois bouquins sur la procrastination, j’ai conçu un Powerpoint dément, mis au point trois exercices de mise en situation et révisé mes cours de socio (de quand j’étais moi-même étudiante…) pour être à jour.

Bref. Je suis sur-préparée pour ce cours.

Je commence par les exercices de mise en situation. Les étudiants adhèrent. Ils participent, s’intéressent, échangent entre eux et avec moi.

Jusque-là tout va bien. Je roule. Je me sens super-intéressante. Les étudiants me suivent où que j’aille.

Et c’est là que je sors mon Powerpoint.

J’aimerais tout de même, pour ma défense, rappeler deux ou trois choses :

Premièrement : j’ai fait des études de SCIENCES HUMAINES à l’université. Une Licence de Science Politique. Un Master de Psychologie. Un Doctorat de Sociologie. Aucun de mes profs n’a jamais projeté le moindre Powerpoint dans un de ses cours.

Deuxièmement : j’ai fait des études de SCIENCES HUMAINES à l’université. 60% d’échec dès la première année. Aucun de mes profs ne s’est jamais inquiété auprès des étudiants de savoir si le contenu du cours les intéressait.

Troisièmement : j’ai fait des études de SCIENCES HUMAINES à l’université. Si on n’était pas intéressé, pas motivé ou qu’on ne comprenait pas, on n’avait qu’à aller voir ailleurs…

Où est-ce que je veux en venir ?

Chaque fois que je donne un cours, je me pose systématiquement cette question : comment vais-je intéresser les étudiants à ce que je vais leur raconter ?

Mais je vous avoue que parfois, le naturel (et le conditionnement de 8 années d’études supérieures) revient au galop. Malgré moi, je vous assure.

Donc. Je sors mon Powerpoint et je me lance dans un long (TRES long)  développement sur l’échec scolaire (d’un point de vue sociologique, avec statistiques et tableaux à l’appui), l’ascenseur social qui est en panne, le déterminisme de la profession des parents, les conflits intergénérationnels, etc.

Je pense qu’à ce stade, même vous je vous ai perdu.

Je me tourne alors vers mes étudiants : les regards sont dans le vague, les stylos tournoient, l’œil est fixé sur l’horloge du portable…

Je choisis donc de consacrer les 10 dernières minutes du cours à débriefer : à quel moment les ai-je perdus et pourquoi ?

Face à mon air déconfit mais néanmoins engageant, les réponses sont sincères : « je ne me sens pas concerné », « c’était trop théorique », « j’ai rien compris », « je pensais à autre chose », « je ne voyais pas où ça allait nous mener ». Et puis tout de même : « moi, j’ai trouvé ça passionnant ! »

Le soir même, je retravaille tout mon contenu pour l’adapter en fonction des retours qui m’ont été faits : je transforme le fond, la forme et finalement toute l’organisation de la séquence.

Je vous avoue que même avec huit années d’expérience à mon actif, je continue de remodeler mes interventions en fonction des retours spontanés ou implicites des étudiants.

Comment les intéresser à ce que je leur raconte ? Comment adapter mon intervention pour les rendre acteurs de l’apprentissage ?

Car qu’il s’agisse de préparer une présentation orale ou d’écrire un article, stimuler l’intérêt des personnes auxquelles on s’adresse ne repose que sur un seul principe : rendre son public actif.

Evidemment, il ne s’agit pas de les amener à danser sur les tables ou à sauter devant leur ordinateur. Mais il faut que leur esprit soit en éveil…

Comment faire concrètement ?

Voici mes cinq conseils, à suivre si je parviens à vous convaincre de leur intérêt…

 

1)      Racontez des histoires

J’ai un ami professeur de SVT dans un lycée. Il m’a raconté que pour susciter l’intérêt de ses élèves pour le chapitre portant sur l’immunologie, il leur a inventé une histoire…

Un monde fantastique. Des elfes, des trolls, une guerre terrible et un château assiégé. Les elfes défendent le château fort. Les trolls le prennent d’assaut. La lutte est rude…

Mon ami avait prévenu les élèves que le château constituait une métaphore du corps humain : quels étaient les zones les plus vulnérables ? Les trolls représentaient les microbes, les elfes les anticorps, et chaque attaque créait de nouvelles blessures…

A mesure que l’histoire évoluait, les notions de cours étaient introduites. Les élèves, attentifs, mémorisaient chaque concept à chaque nouvelle péripétie.

Raconter une histoire permet au processus d’identification d’opérer : l’auditeur (ou le lecteur) se met à la place des protagonistes. Il vit l’histoire en se projetant comme héro des épreuves rapportées.

L’histoire possède également son propre cheminement logique : les associations créent des liens qui favorisent à la fois la compréhension du contenu et sa mémorisation.

Elle permet enfin de favoriser le processus d’évocation mentale : celui qui écoute (ou lit) se crée plus facilement des images ou un récit dans la tête. Il vit l’histoire par procuration et en vient donc à se poser les questions que se pose le protagoniste principal du récit…

 

2)      Amenez votre public à se poser des questions

Gaston Bachelard a dit que « toute connaissance était une réponse à une question ».

Vous voulez informer, transmettre un message, communiquer vos idées ou vos passions ? Il faut que vous ameniez votre auditoire (et vos lecteurs) à se questionner.

C’est là que tous les publics ne se valent pas. Lorsque vous proposez des « réponses » sur internet (Comment faire ceci ? Comment résoudre tel problème ? Comment apprendre à faire telle chose ? Etc.), il y a de grandes chances pour que les personnes qui viennent vous écouter ou vous lire se soient questionnées sur votre sujet avant même de savoir ce que vous aviez à en dire.

C’est par exemple votre cas si vous prenez la peine de lire cet article : vous vous posiez déjà la question de savoir comment intéresser votre auditoire ou vos lecteurs avant de le lire. Vous pouvez être en difficulté et rechercher des réponses, ou un expert en la matière et être en train de repérer si nos idées et expériences concordent, ou encore désireux de comparer votre expertise à la mienne…

Toujours est-il que sur internet, les personnes qui viennent lire vos articles ont pour la majorité d'entre elles un intérêt préalable pour la thématique du contenu que vous proposez.

Mais comment faire quand votre public est captif ou contraint ? Oh, doux plaisir du métier d’enseignant…

Il faut que vous parveniez à amener les étudiants à se poser les questions que vous vous êtes vous-mêmes posées.

Même chose à l’écrit : pas d’apprentissage sans désir d’apprendre. Pas de désir d’apprendre sans mystère à élucider. Or, élucider des mystères suppose de se poser des questions. Lesquelles ? Comment ?

C’est là que votre talent de pédagogue s’exerce : l’histoire vous conduit à soulever des questions essentielles…auxquelles vous allez ensuite vous attacher à répondre dans le cadre de votre développement.

Vous introduisez votre propos grâce à une histoire étonnante. Vous posez des questions pertinentes qui donnent envie à votre public d’en savoir plus…mais vous n’êtes pas encore au bout de vos peines.

Pour le moment, vous en êtes encore à l’introduction.

 

3)      Annoncez clairement où vous voulez en venir

Il m’arrive régulièrement de lâcher un bouquin ou de décrocher d’une conférence parce que je ne comprends pas où l’auteur veut en venir.

Plus les étapes de votre argumentation seront lisibles, plus cela sera simple (et donc engageant) de vous suivre.

Sur le web, le fait d’écrire des articles courts ou de proposer des vidéos de moins de 5 minutes aident à la structuration du propos. Un article : 500 mots, 3 à 5 parties, quelques liens et des commentaires. L’information est fractionnée. On va à l’essentiel. On clique si on veut en savoir plus.

Plus on s’allonge, mieux on doit savoir où l’on veut en venir…et l’annoncer. Soigner le plan, l’annonce des transitions et la conclusion.

Plus facile à dire (et écrire) qu’à faire. Preuve avec cet article qui s'annonce interminable…

 

4)      Illustrez votre propos par des exemples concrets

Vous en êtes au développement ?

Votre histoire est ficelée, votre problématique posée et votre plan annoncé. Sachez que le degré d’attention est également très dépendant du niveau de compréhension : un contenu « trop » facile ? Un contenu « trop » complexe ? Un débit « trop » lent ou « trop » rapide ? Autant d’arguments qui justifient que l’on passe à autre chose…

Lorsqu’il s’agit d’un article, vous faites défiler le texte en ne lisant que les caractères en gras ou les titres de chapitre…

Pour une vidéo, vous cliquez au hasard pour faire avancer le propos, ou vous surfez sur vos messages (ou ailleurs) pendant que le document défile sans vous…pour y revenir dès qu’un mot vous interpelle.

Nous avons tous nos stratégies pour continuer à nous activer lorsque nous sentons notre attention vaciller.

L’une des données qui joue un rôle déterminant concernant notre concentration est donc notre degré de compréhension.

Celui-ci est très dépendant de notre capacité à évoquer mentalement : sommes-nous en mesure de nous créer des images mentales pour illustrer ce que nous lisons ou ce qui nous est dit ? Pouvons-nous nous redire dans notre tête ce que l’on nous raconte ou ce que nous lisons, tout en y attribuant du sens ?

Dès que notre propos devient théorique, nous mettons en difficulté nos auditeurs (ou lecteurs). Alors, de deux choses l’une : soit ils sont familiers des concepts que nous abordons et ils restent attentifs, soit le contenu est nouveau et leur demande un effort de compréhension et il y a de grandes chances qu’ils décrochent…

Comment maintenir leur intérêt dans cette situation ?

En usant du moyen pédagogique par excellence : l’illustration par un exemple concret.

Par exemple ?

Revenons sur l’expérience que j’ai partagée au début de cet article : j’avais perdu l’attention de presque tous mes étudiants en partant dans un développement sociologique très théorique auquel ils n’étaient absolument pas préparés.

Je souhaitais pourtant qu’ils puissent trouver dans mon intervention matière à réflexion concernant la démotivation qu’ils éprouvaient à se mettre à leur travail scolaire.

Comment ai-je procédé pour remanier mon cours ?

J’ai repris tous les points d’analyse et les problèmes que je souhaitais aborder, et je les ai chacun introduits à l'aide d'une situation concrète d’étudiant en difficulté. Illustré par l’histoire de personnes auxquelles ils pouvaient s’identifier, les groupes suivants ont eu beaucoup moins de difficulté à s’intéresser à ce que je leur racontais.

Par ailleurs, plus vous connaîtrez votre public, plus vous pourrez faire des liens avec ce qui le préoccupe.

Ce conseil s'inspire d'un principe psychologique fondamental et est cohérent avec le résultat de nombreuses recherches menées sur le fonctionnement du cerveau.

Quel est le principe psychologique dont je parle ?

Si une personne se sent comprise, écoutée et reconnue dans ses préoccupations, elle aura tendance à accorder de l’attention et de la bienveillance à son interlocuteur. Marshall B. Rosenberg décrit particulièrement bien ce phénomène dans son ouvrage intitulé Initiation à la communication non violente.

Je reprends l’exemple de mon ami enseignant en SVT. Avec Le Seigneur des Anneaux (films, livres, jeux vidéos…), tous les romans d’héroïc fantasy et les jeux en ligne d’aventures dont vous êtes le héro (Warcraft…), la plupart des lycéens sont familiers d’un ou plusieurs mondes imaginaires incluant des elfes, des trolls ou autre histoires de châteaux forts.

Raconter une histoire qui prend place dans cet univers permet de susciter l’intérêt et d’accompagner la réflexion vers des sujets a priori moins connus ou susceptibles de stimuler la curiosité…comme l’immunologie.

Quelles découvertes sur le fonctionnement du cerveau permettent par ailleurs de stimuler l’intérêt en suivant ce conseil ?

Pour mémoriser un contenu, nous avons besoin d’évoquer mentalement les informations.

Pour ce faire, nous utilisons les contenus que nous avons déjà en mémoire, afin de les associer aux nouveaux.

En tant qu’enseignante, oratrice ou rédactrice d’un article, si j’introduis un exemple, une idée ou un concept avec lequel mon interlocuteur est déjà familier, pour ensuite lui associer un contenu inédit, je favoriserai à la fois ses capacités de réflexion, de compréhension et de mémorisation. Et donc également son intérêt pour ce que je souhaite lui transmettre.

 

5)      Utilisez tous les canaux de communication à votre disposition

Nous avons tous nos « canaux de communication » privilégiés.

En pédagogie, ce principe renvoie à la notion de « profil pédagogique » : visuel, auditif ou kinesthésique.

Les personnes au profil visuel sont plus réceptives aux informations de nature visuelle : photo, dessin, film, schéma, carte, graphique, formule, etc.

Les personnes au profil auditif sont plus réceptives aux informations de nature textuelle (orales ou écrites) : article, livre, explications formulées ou rédigées intégralement.

Les personnes au profil kinesthésique sont plus réceptives à ce que vous avez à leur transmettre dès lors qu’elles peuvent immédiatement « mettre en pratique ». Elles sont ainsi plus à l’aise lorsque vous leur proposez des démonstrations sous forme de films, des exercices pratiques, des mises en situation ou que vous les invitez à participer activement.

Vous pouvez suivre mes quatre conseils précédents sans pourtant retenir l’attention, du simple fait que vous vous adressez à votre public sur un mode auquel il n’est pas réceptif.

Je suis moi-même d’un profil pédagogique auditif : je parle beaucoup, j’explique oralement en long en large et en travers, je fais de grands gestes, j’illustre mon propos par de nombreux exemples concrets et j’annonce systématiquement où je veux en venir.

Pourtant, jusqu’à ce que je découvre cette notion de « profil pédagogique », lorsque je m’adressais à un public composé essentiellement de « visuels », mon enthousiasme n'était jamais à la hauteur de l'intérêt que je suscitais.

J’avais beau m’escrimer à expliquer, réexpliquer et raconter toutes les histoires que je voulais, mon discours tombait souvent à plat.

C’est l’usage du Powerpoint qui m’a sauvé.

Au début, ils étaient en noir et blanc, sans image, remplis de phrases toutes plus longues les unes que les autres…

Dès l’instant où j’ai compris que certains de mes étudiants ne parvenaient pas à s’intéresser à ce que je leur racontais simplement parce que je ne leur parlais pas la « langue mentale » avec laquelle ils étaient familiers, ils sont devenus colorés, imagés, avec des mots-clés permettant d'aller directement à l’essentiel.

Je continue à parler (et à écrire de longues phrases…), mais j’agrémente mon propos d’illustrations, de photos, de schémas…couplés à des exercices, des mises en situation et des travaux pratiques de groupe.

Je peux vous assurer que l'attention de mes étudiants s'en est ressentie immédiatement.

 

Conclusion

J’aimerais conclure cet article en mettant en avant que je trouve ces conseils le plus souvent ardus à mettre en oeuvre. Car comme souvent, c’est dans leur application pratique et quotidienne que la plupart des « bons conseils » dévoilent leur complexité.

Freud disait qu’enseigner faisait partie pour lui des trois métiers impossibles (avec la gouvernance et la psychanalyse). En ce qui me concerne, l’ouvrage est en tous les cas chaque jour à remettre sur le métier.

J’ose néanmoins rappeler pour terminer mes 5 conseils pour susciter l’intérêt de son auditoire (ou de ses lecteurs) :

1.       Raconter des histoires

2.       Amener son public à se poser des questions

3.       Annoncer clairement où l’on veut en venir

4.       Illustrer son propos par des exemples concrets

5.       Utiliser tous les canaux de communication à sa disposition

Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs "Echanges de compétences" organisé par le blog Copywriting Pratique. Si vous avez lu cet article, à combien l’évalueriez-vous sur 5 ?

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41 thoughts on “Intéressez votre public, à l’oral comme à l’écrit”

    1. Bonjour BeBoX,
      Je vous remercie pour votre commentaire.
      Je suis tellement habituée dans le cadre professionnel à devoir me justifier, argumenter et défendre mes idées qu’un commentaire comme le vôtre est très rafraichissant !
      Vous me laissez néanmoins sur ma faim et me donnez envie d’en savoir plus sur ce qui vous a intéressé…

      A bientôt,
      Hélène

  1. Bonjour Hélène,
    Fidèle du blog d'Yvon Cavelier, j'ai voulu lire ce premier article qui participe à l'événement qu'il propose. J'étais intriguée, parce-que en ce qui me concerne la problématique quant au thème de mon blog : un magazine de société.
    Sinon, ton article me rappelle un livre que j'ai lu pour préparer mes interventions auprès d'un public éloigné socialement et éloigné du travail. Ce livre c'est les 7 profils d'apprentissage de Jean-François Michel. Cela m'a bien aidé, et au passage j'y ai découvert que j'étais à la fois auditive, visuelle et kinéthésique.
    Cependant, la difficulté a été de l'adapter à cet auditoire particulier qui venait par obligation pour une remise à niveau et travailler un projet professionnel. Et puis j'ai lu convaincre en moins de 2 mn par Nichols Boothan. De ce livre, très ludique, je retiens une chose intéressante à mon sens qui pourrait se résumer ainsi : parler à l'imaginaire des personnes pour les emmener là où vous le désirez.
    Nicholas Boothman indique deux slogans sur son livre : capter et retenir l'attention, et s'avoir s'adapter à son interlocuteur.
    On y trouve aussi un petit mélange de PNL et d'analyse transactionnelle. 
    Quant être toujours très bon, là c'est une autre histoire ! 🙂
    Merci Hélène pour cet article
    Bon week-end, à bientôt,
    Caroline
     

    1. Bonjour Caroline,

      Je vous remercie beaucoup pour votre commentaire et vos conseils en matière de lecture.
      Vous soulignez par ailleurs une chose que je trouve effectivement essentielle : la nécessité de s’adapter à son interlocuteur.

      Il se trouve que lorsque l’on pose la question aux étudiants de savoir ce qui devrait constituer pour eux la principale qualité d’un enseignant (j’ai fait passer plusieurs questionnaires, à différents publics d’étudiants, pour obtenir des réponses à cette question), c’est cette compétence qui ressort en premier : être à leur écoute, comprendre leurs difficultés en se mettant à leur place, adapter les explications à ce qui leur pose problème…à eux.

      En général, nous avons tendance à expliquer ce qui nous a paru compliqué à nous (or, plus les années passent, plus nous maîtrisons nos contenus…). Retrouver ces fameux « obstacles épistémologiques » pour reprendre un cheminement d’explication raccourci depuis longtemps est souvent ardu…

      Mais une fois encore, c’est là que réside pour moi à la fois l’intérêt et l’art de la pédagogie !

      Au plaisir de vous lire à nouveau,
      Hélène

  2. Bonsoir,
     
    Je réponds à ce post parce que je trouve vraiment que la manière d'apporter un même contenu peut faire changer le regard que l'on aura sur le contenu.
     
    " Je pense qu’à ce stade, même vous je vous ai perdu."
     
    Cette phrase est assez rigolote. Elle indique, à mon sens, trois choses, vous croyez nous avoir perdu en cours ; vous désespérez quant au fait de convaincre le lecteur (du blog) avant même qu'il ait lu le sujet ; vous cultivez une certaine démotivation (et ça se sent ! Surtout quand cette phrase est repeté trois ou quatre fois dans un cours).
     
    "Evidemment, il ne s’agit pas de les amener à danser sur les tables ou à sauter devant leur ordinateur. Mais il faut que leur esprit soit en éveil…"
     
    Vous seriez étonné de ce qu'un prof de français nous a fait faire sur ou sous des tables… Certains étudiants n'apprécient pas discuter (ou qu'on leur explique des choses) à propose de certains sujets (tabous, famille, décès…). Mais selon la manière dont est présenté le sujet, on n'a pas le même ressenti. 
     
    "Racontez des histoires"
     
    Pour comprendre un point de cours assez alambiqué, pas du tout explicite, très théorique, c'est une super méthode.
     
    "Annoncez clairement où vous voulez en venir"
     
    Pour moi, ceci est vachement important. Je n'accroche pas, je ne comprends pas (et ne cherche même pas à comprendre) si je n'ai pas compris la démarche du professeur. C'est assez borné comme vision des choses, 'en suis conscient.
    Première raison : on ne sait pas où l'on va, on ne sait pas ce qu'il y a ensuite. De ce fait, peut-être, on ne peut pas faire de liens entre les notions. Surtout que pour la plupart des notions qui sont enseignées, on sait déjà la moitié du cours avant de venir parce qu'on l'a déjà fait et refait les années précédentes. On va donc accumuler des informations au fur et à mesure des choses, sans pouvoir les relier à ce qui suit (parce que l'on n'a pas la suite), ni à ce qui a été dit (parce que souvent on n'a pas de plan clairement établi et l'on ne peut pas s'en créer un puisque l'on ne sait pas où l'on va).
    Seconde raison : Dans ce genre de cours, ou l'on ne sait pas ou nous-mêmes, étudiants, allons arrivé, le professeur lui-même (ou l'intervenant) n'a pas clairement exprimer pour lui-même où il voulait en venir, et là… ça part dans tous les sens. Et de toute façon, "s'expliquer sa vision des choses" ou "expliquer aux autres la vision que l'on a des choses" est différent ! Car dans le second cas, si l'intervenant tient compte du feedback (on se sert des cours de SI10 pour les intimes 😉 ), alors il peut déjà avoir une idée de ce que les étduiants pensent du cours (et oui, on se fait une opinion dès le début, et parfois même avant de venir en cours…).
    Après ma diatribe, je vais tout de même modérer mes propos. Ca peut être très déroutant et par cela devenir excitant d'être soumis à des propos incohérents (propos incohérents tant que l'on ne sait pas où l'intervenant va en venir). C'est un peu l'effet manège (c'est la fête foraine en ce moment chez moi) : vous prenez plaisir à avoir peur, à être dérouté, à ne plus avoir de repère.
     
    Je ne suis pas revenu sur les canaux de communications ainsi que les profils pédagogiques car je ne m'y connais pas du tout. Je ne sais moi-même pas quel profil me correspond. Je suis sur de ne pas être auditif même si je me suis adapté à l'écoute (obligatoire pour suivre en cours 🙂 ).
     
    En somme, article et sujet très intéressants, malheureusement lus par les quasi-seules personnes qui ont déjà une connaissance voire une maîtrise de ces démarches.
     
    Maxime
     

    1. Bonjour Maxime,

      Je vous remercie tout d’abord pour votre commentaire, qui démontre une réelle compétence à articuler votre propre réflexion à ce que vous lisez : vous illustrez ce que je dis à l’aide de votre expérience personnelle et vous discutez mon approche pour soulever des développements possibles d’une manière que je trouve tout à fait pertinente.

      Évidemment, je dois d’abord faire avec l’idée que je serais « démotivée »…

      Au risque de « perdre » une nouvelle fois les « quasi-seules » personnes qui se risqueraient à me lire sur ce blog (je vous cite…), je vais vous dire ce que votre remarque m’inspire.

      Un chercheur (psychanalyste et sociologue) nommé Eugène Enriquez a mis en évidence dans ses écrits la différence pour lui entre « l’imaginaire leurrant » et « l’imaginaire moteur ». Autrement dit, il y aurait un imaginaire qui nous pousserait à agir en nous donnant à voir un idéal auquel nous pourrions accéder, et un imaginaire leurrant qui nous conduirait à prendre conscience de nos insuffisances. ce dernier pourrait également être générateur d’action positive, tout en nous confrontant nécessairement, à un moment ou à un autre, au fait qu’il est par nature inaccessible.

      Au plan imaginaire, je pense que j’aimerais que TOUS les étudiants auxquels je fais cours « s’intéressent » à ce que je leur dis.

      Mais est-ce seulement possible ? Bien sûr que non.

      C’est d’ailleurs un aspect que je n’aborde pas dans cet article.

      Lorsque je lis des articles sur le marketing, le copywriting ou l’art de vendre sur internet (ou ailleurs), je me surprends à « prendre mes désirs pour la réalité », à savoir qu’il suffirait d’écrire d’une certaine manière, de faire cours en suivant certains principes, de me conformer à quelques règles avec application pour « augmenter mon trafic », « convertir mes lecteurs en abonnés »…ou « intéressez à coup sûr TOUS mes auditeurs à TOUT ce que je dis ».

      Pourquoi vais-je lire ces articles ?

      Parce que fondamentalement, j’ai envie d’y croire.

      Il s’agit pour moi d’un imaginaire « moteur ». Il est moteur parce qu’il me pousse à agir, à vouloir me dépasser, progresser et toujours faire mieux.

      De ce point de vue, il s’agit donc d’une dynamique positive.

      Mais la médaille a son revers.

      Car j’en viens à penser que la perfection, la réussite totale et le succès inconditionnel sont possibles.

      Ce qui est un leurre.

      Et je dois avouer que chaque fois que la réalité me confronte à mes insuffisances, mes failles et mes imperfections, je passe par une phase de doute et de démotivation.

      Comme si, par exemple, si aucune méthode infaillible ne me permettait d’intéresser TOUS mes étudiants, alors à quoi bon continuer…

      Cette réflexion est revenue m’assaillir récemment à la lecture d’un article sur le blog http://www.4h18.com

      L’auteur du blog critique les « superlancements ou lancements orchestrés », ainsi que les formations proposées par Aurélien Amacker et Olivier Roland pour « créer un blog qui rapporte de l’argent en x jours ».

      Je vous avoue ici que ces critiques m’ont fait du bien. Pourquoi ?

      A lire leurs témoignages et ceux de leurs clients, tout apparaît « idéal » : les résultats sont épatants, les clients sont réjouis, les offres font se succéder les commentaires de personnes enthousiastes et TOUTES intéressées.

      De l’extérieur, aucune faille n’est décelable, tout semble facile, tout le monde est content.

      Longtemps, ces expériences fonctionnent sur moi comme un « imaginaire moteur » : j’ai envie de m’investir, d’écrire sur mon blog et de me mesurer à ces modèles de réussite.

      Puis, progressivement, je me confronte à ma voix intérieure qui me dit que les leviers d’influence utilisés ne me correspondent pas…

      Sur 4h18.com (si j’ai bien lu les articles…), l’auteur critique la qualité même de la formation, qui induirait du formatage, et dont la qualité ne serait pas à la hauteur du prix demandé.

      Moi, c’est autre chose qui me dérange.

      Deux choses en fait :

      1- L’absence de distance critique. Quand l’auteur du blog 4h18 révèle qu’il a écrit un commentaire pour critiquer la démarche et que celui-ci a été censuré, j’ai été rassurée !

      Alors, effectivement, tout n’était pas parfait. Certaines personnes discutaient l’apparente logique implacable de l’ensemble, ainsi que la qualité indiscutable du contenu comme de la démarche.

      2- L’usage de procédés d’influence qui ne disent pas leur nom. Quand dans mon entourage on me suggère d’utiliser telle technique pour augmenter mon nombre d’abonnés ou d’adopter tel discours pour convertir un prospect en client, je ne me sens pas à l’aise parce que cela va fondamentalement à l’encontre de ce qui est important pour moi. De mes valeurs en somme.

      Mais je ne dis pas que c’est une mauvaise chose a priori que de vouloir vendre son travail. J’aimerais d’ailleurs pouvoir le faire moi-même sur ce blog.

      Non, ce qui crée une contradiction chez moi, c’est que mon objectif est justement de donner du sens aux mécanismes psychologiques et sociaux à l’oeuvre, et non de m’en servir pour augmenter mes ventes.

      Par exemple, les techniques du « superlancement » appuient sur des leviers psychologiques qui conduisent les gens à « ne plus réfléchir ». Ces procédés sont d’ailleurs très bien décrits par Robert Cialdini dans son livre Influence et manipulation :
      – La preuve sociale : tout le monde pense que c’est bien donc vous aussi.
      – Le principe de réciprocité : c’est satisfait ou remboursé. Sauf que quand vous avez bénéficié d’un certain nombre de contenus, il devient difficile de revenir en arrière, surtout si l’on a établi une relation personnelle avec le vendeur.
      – Le principe de rareté : le produit ne sera disponible que ce jour-là, entre 10h et 10h02, il n’y en aura pas pour tout le monde, etc.
      – Etc.

      J’ai envie de décrypter et mettre en lumière ces mécanismes, plutôt que de les utiliser…

      Bref.

      Où est-ce que je veux en venir ?

      A mon « imaginaire leurrant ».

      Chaque fois que je m’aperçois que je ne suis pas à la hauteur de mon idéal, je suis aux prises avec un sentiment de « démotivation ».

      Heureusement, je sais aussi que ce qui n’est pas parfait n’est pas pour autant sans valeur !

      Au plaisir de vous lire,
      Hélène Weber

      ps : ce commentaire est pratiquement aussi long que l’article…

      1. Bonjour Hélène,
        "Chaque fois que je m’aperçois que je ne suis pas à la hauteur de mon idéal, je suis aux prises avec un sentiment de « démotivation »."
        Bien content de voir que je ne suis pas le seul dans ce cas.

        Et utiliser des leviers psychologiques, c'est une bonne chose pour "vendre"
        si et seulement si il n'y a pas le mensonge à la clé…

        Amicalement
        thierry
         

        1. Bonjour Thierry,

          Ouf, je ne suis pas la seule non plus alors !

          Quand je parle de mes difficultés à utiliser certains leviers psychologiques pour vendre, je ne dis pas nécessairement qu'il ne faut pas le faire (c'est d'ailleurs compliqué de faire sans…).

          Je trouve ton approche intéressante (et je pense qu'elle va m'aider) : mettre en avant les qualités de ce que l'on offre, ce n'est pas mentir.

          Mais il y a tellement d'exemples de manières de vendre qui s'appuient sur une déformation de la réalité que cela me met souvent mal à l'aise.

          Finalement, j'ai fait plus de recherches sur les "lancements orchestrés" et j'ai découvert que l'un des principes utilisés consistait à donner gratuitement beaucoup de contenu de qualité avant de mettre en vente son produit.

          Cette approche me convient bien : les acheteurs potentiels peuvent "juger sur pièce" si le contenu et la démarche leur conviennent avant de s'engager.

          Qu'en penses-tu ?

          A bientôt,

          Hélène

      2. Bonjour Hélène, 
        Dites moi, y'a de la matière à lire par chez vous ! Faut prendre le café, le fauteuil et l'ipad pour se poser et prendre le temps de lire. Ca change des billets expéditifs qui sont des redites. (: 
        Vous avez donc bien lu oui, je dénonce le formatage et la qualité même des formations citées, puisque j'ai pu y avoir accès (non, je n'ai pas payé, pas fou !). 
        Je ne vais pas m'étendre ici sur l'esprit qui doit animer un entrepreneur (j'ai entrepreneur, pas uniquement web entrepreneur), mais si se lancer, c'est faire exactement ce que d'autres font déjà, mot pour mot, acte pour acte, quel intérêt ? Est-ce ainsi que l'on réussis et que l'on perdure ? 
        Je crois qu'il est sain de s'interroger, comme vous le faites, sur nos motivations, nos envies, nos méthodes, plus largement, notre éthique. Si l'on veut vendre, l'éthique, le rapport au client doit être placé au centre de la démarche. 
        Par extension, quand je blogue, je veux me placer en face de moi même, être en accord avec ce que je dis, ce que je suis, et pourquoi je fais cela. Est-ce vendeur ? Oui ! Sur le long terme. Il faut donc de la patience, de la volonté, presque de l'obession et croire dur comme fer en la qualité de son travail et de son savoir. 
        Je pourrais aussi utiliser les slogans raccoleurs, mais est-ce que cela serait en accord avec mon ethique ? Est-ce que le client qui acheterait sur le slogan serait satisfait ? Est-ce que le fait de ne pas vendre autant que je le souhaiterais chaque jour me démoralise ? Parfois, oui, mais chaque vente me redonne du boost. 
        Alors oui, je ne vend pas du rêve à gogo, oui, je laisse la parole à mes détracteurs, j'ai horreur de la censure.
        J'ai pris fait et cause pour Thierry il y a peu sur un autre site. Il se faisait lyncher pour avoir dénoncer un procédé plus que limite de la part d'un vendeur. Quoi ? Un client n'aurait-il donc pas le droit de dire son mécontentement ? Sommes nous une démocratie ou une dictature ? Sommes nous sous le régime de la pensée unique et vivant dans le monde merveilleux des marketeux frappé du sceau des bisounours ? 
        Pendant que certains se remplissent les poches, d'autres prennent des crédits et s'enfoncent. Je ne suis pas le Chevalier Blanc, mais me faire traiter d'escroc par ces gens là, à un moment stop. 
        Bon, je m'égare (: 
        Je reviendrais lire votre blog avec tout l'attention qu'il mérite, lorsque ma môme me laissera un peu de temps, car je crois que je vais y trouver des choses qui vont me plaire. 
        Merci pour la citation dans vos écrits. 
        En vous souhaitant une bonne journée. 
        PS : désolé pour les coquilles que je laisse trainer dans mes commentaires, je me soigne, mais le traitement est long ! 

        1. Bonjour,

          Cela me fait plaisir d’avoir un commentaire de votre part (deux même !). Je lis vos interventions avec intérêt sur les sites que je fréquente parce qu’ils sont toujours très critiques (du moins ceux que j’ai lus…). 

          Je trouve que bien souvent, les interventions sont plutôt lissées…ça change et cela m’invite chaque fois à réfléchir. Je me dis : et moi, j’en pense quoi du coup ?

          J’ai suivi « l’histoire » sur le site Virtuose marketing. Je mets du temps à me faire vraiment une opinion…et les jours passent, et finalement je ne commente pas.

          Je n’avais pas compris tout de suite que Thierry s’était vu refuser une demande de remboursement. J’avais juste percuté qu’il n’avait pas trouvé la formation de qualité.

          J’apprécie beaucoup les articles du site myidees.com et Thierry Dubois m’inspire confiance concernant sa démarche de formation. C’est donc un cas d’influence sociale : si lui dit que…, c’est que cela doit être vrai puisque le reste de ce qu’il dit est vrai.

          Mais je comprends les réactions des internautes, et d’abord celle de Cédric, qui se retrouve avec un commentaire qui discrédite complètement l’auteur de l’article invité qu’il vient de publier sur son site. Ne pas le défendre reviendrait à se tirer une balle dans le pied.

          Les commentateurs du site sont par ailleurs très identifiés à son auteur, ils prennent donc fait et acte pour lui, et donc pour la personne qu’il promeut, même s’ils ne la connaissent pas.

          La réaction de l’auteur de mettre sa formation en accès gratuit pour laver son honneur et regagner en crédibilité me laisse par contre un peu perplexe : il aurait pu rembourser son client insatisfait (déjà) et donner un acccès libre seulement au premier module de sa formation. Pourquoi une réaction si radicale ? S’il est bien fait, une premier module peut déjà donner une bonne idée de la qualité du contenu. j’aurais vraiment apprécié également que Thierry explique sur le fond ce qu’il reprochait à la formation en question (d’autant que l’auteur demandait ce type d’approfondissement). Ce sont toujours ces arguments-là qui m’intéressent le plus.

          Concernant les formations « orchestrées » et consort, j’aurais deux choses à ajouter :

          – je ne sais plus si c’est sur votre site que j’ai lu cette analyse que j’ai trouvée vraiment excellente : lorsque l’on base tout son propos sur le leitmotiv « ça a marché pour moi, faites pareil », on se leurre et on leurre les autres. Comme vous le dites, d’une part, cela induit du formatage. D’autre part (je cite de mémoire le commentaire que j’ai lu), si vous lisez un livre écrit par Zidane qui vous explique comment il est devenu le meilleur joueur du monde, ce n’est pas pour autant que vous pourrez faire comme lui et obtenir les mêmes résultats.

          Le propre d’une formation (pour moi) est justement l’accompagnement personnalisé qui est dispensé par le formateur, pour adapter un contenu aux problématiques fluctuantes d’une personne et de sa situation particulière. Sinon, autant lire un livre.

          Si une formation à 2000 euros correspond à des vidéos et deux heures par mois de RDV skype, j’aime autant m’acheter des bouquins. 

           

          Je vous remercie beaucoup pour cet échange,

          Hélène

          1. Je n'ai que trop rarement ma langue dans ma poche, parfois, pourtant, je devrais la fermer un peu (: 
            Pour revenir sur cette petite affaire avec Thierry, les réactions des uns et des autres me font penser à une chose : une secte. Un mec qui pense pour tout le monde, les autres se contentent de suivre. 
            Ce qui m'inquiète justement, c'est ce manque de recul, de sens critique. Entreprendre quand on est un mouton ??? Impossible. D'ailleurs, que je vois les sites de la plupart de ces gens, je me demande bien ce qu'ils ont pu apprendre. 
            D'ailleurs, vous le dites très bien, je cite

            "adapter un contenu aux problématiques fluctuantes d’une personne et de sa situation particulière. Sinon, autant lire un livre.
            Si une formation à 2000 euros correspond à des vidéos et deux heures par mois de RDV skype, j’aime autant m’acheter des bouquins."

            La réflexion pour la mise en place de mon offre fût la même. D'où la naissance d'un coaching, d'abord en test afin d'évaluer la prestation (et de m'évaluer moi même, grâce à l'aide d'un profesionnel du coaching en entreprise) puis, sa mise en route concrète depuis 2 jours sur mon site. 
            Une formation vidéo, je n'y crois que très peu en fait. Alors oui, ça bouge, c'est plus vivant qu'un livre, et ça prend moins de temps (et pis on fé pas de fotes, sa aide).
            Il faut bien comprendre que le but du marketing, tel qu'il est employé par ces gens là, c'est de flirter en permanence avec le mensonge, la légalité, l'émotion, dans l'unique but de vendre à un maximum de personnes, puis, de revendre un nouveau produit à ces même personnes. Faut essorer le chaland. 
            La formation qui n'est en fait qu'une vulgaire méthode, et pas une formation au sens noble du terme, ne sert pas au client dans le sens où d'une part elle est incomplète, et d'autre part, elle positione le vendeur en tant que guru et grand penseur. A coup de 99% des blogueurs ne savent pas faire ci ou ça, le type se place comme le grand penseur. Et ça marche. C'est bien la le drame. Ca marche. 
            L'autonomie n'est pas le but visé. Vraiment pas. Le seul but : vendre. C'est triste comme vision. 

          2. Je souscrits tout à fait : si une formation n’a pas pour objectif l’émancipation et l’autonomie des personnes formées, alors pour moi, ce n’est pas une formation. 

             

  3. Bonjour !
    Mon Dieu que ces conseils me semblent pertinents ! Je suis contente d'avoir découvert votre blogue sur lequel je reviendrai assurément !
    Une bonne journée à vous !
    Marie
     

    1. Bonjour Marie,

      Je suis ravie de votre retour.
      Evidemment, je suis déjà allée lire votre article dont j’ai trouvé le titre très accrocheur (en tout cas moi, l’optique d’être une déesse m’a séduite d’emblée !).
      Mais je vais aller vous faire mes retours directement sur votre blog : http://chroniquesdunecingle.blogspot.ca/

      à bientôt,
      Hélène

  4. Bonjour Hélène,
    Ravie de découvrir votre article, dont la pertinence et les sages conseils seront appréciés tant par les enseignants que par les blogueurs…car finalement, écrire un article qui se respecte est dans la même veine, du moins je le pense.
    Pour info, j'ai voté pour votre article.  Un petit tour vers le mien me ferait plaisir également 😉 Merci d'avance
    Au plaisir de vous lire,
    Michèle

  5. Bonjour Hélène,
    j'ai savouré le contenu de votre article car tout en étant une "pro" en la matière, vous avez l'art de vous remettre en cause tout en prodiguant des conseils élémentaires et pratiques ; je me retrouve tour à tour enseignante et étudiante ; je crois qu'il faut voir votre article dans son ensemble, car évidemment si l'on devait s'attarder sur chaque élément du contenu, il y aurait matière à clavardage, je vous rassure, dans le but d'un échange constructif.
    Merci pour ce plan que vous mettez en évidence d'une façon accessible. Il n'y a plus qu'à s'y atteler !
    Cordialement,
    Teonarahi

    1. Bonjour Teonarahi,

      J'ai bien moi clavarder…

      Hier encore, un étudiant me faisait une remarque sur le cours sur les procédés mnémotechniques que je donne actuellement : il me disait que la méthode des loci (ou technique du voyage) ne l'avait pas du tout aidé, voire plutôt amené à se dire qu'il était bon à rien…

      Un comble pour moi qui cherchait à les aider !

      Je m'empresse donc de l'écouter me parler des difficultés qu'il a rencontrées.

      Et je réalise que je n'ai pas adapté la méthode susnommée aux étudiants "auditifs" (ce qui est quand même le sujet du troisième conseil que je donne dans cet article…).

      Cela m'a donné l'occasion d'approfondir mes questionnements sur les procédés mnémotechniques (et mon analyse de leur intérêt dans le cadre de l'apprentissage).

      Bref, il faut s'adapter sans cesse.

      Au plaisir de vous lire à nouveau,

      Hélène

  6. Bonjour Hélène,
    Je me disais bien qu'en participant à l'évènement proposé par Yvon j'allais découvrir des trésors dans le monde des bloggueurs.
    Celui-ci est un premier trésor.
    Même si j'interviens principalement aurprès d'adultes, je donne également des journées sur la motivatiions à des lycéens qui ont redoublés et à des collégiens en difficulté scolaire … sur le thème de la motivation et de la confiance.
    Donc, ton article, vient toucher quelques unes de mes questions et apporte bien des réponses que je vais reprendre et adapter à ma réalité.
    En tous les cas, un bel exemple de transfert d'une compétence à une autre.
    Merci.

  7. Bonjour Hélène,
     
    Que de bons conseils, que l'on pourrait aisément adapter aux relations
    et à la communication de tous les jours avec les ados.
    J'ai beaucoup apprécié cet article bien écrit, clair. Merci.
    Je vous souhaite un excellent week-end
    Marie-Do
    P.S. : A voté 😉
     

  8. Bonjour Hélène,
    Merci de votre article. Je donne des formations aux adultes et raconte des histoires aux enfants, donc je suis arrivée aux mêmes conclusions que vous. C'est tellement agréable de partager une communion de pensée…
    Enseigner est exigeant, oblige à se remettre en cause, à chercher constamment quel angle sera le meilleur pour rendre accessible un contenu nouveau, mais quelle richesse ! Quelle fierté de voir progresser et s'épanouir petit à petit ceux que l'on suit…
    Bien à vous,
     
    Marianne
     

  9. Bonjour Marianne,

    Je vous remercie beaucoup pour votre commentaire : je partage pleinement ce même souci de se remettre en question et de s'adapter pour rendre accessible un contenu.

    Votre expérience qui vous conduit à changer de public régulièrement doit certainement vous avoir amenée à développer vos compétences dans ce domaine.

    les internautes, si vous souhaitez progresser dans votre capacité à parler en public, allez jeter un oeil au blog de Marianne : http://www.parlerenpubliconline.com/

    à bientôt,

    Hélène

  10. Hélène, le moins que l'on puisse dire, c'est que vous maîtrisez votre sujet.,
    On sent le vécu d'une pro ;-).
    Les interventions en public ne sont pas choses aisées et 
    faire passer les infos en étant intéressant pour la majorité de l'auditoire, ça
    n'est pas donné à tout le monde non plus. 
    Un article très riche et d'une haute qualité rédactionnelle , Bravo Hélène !
    Une très bonne note, bien méritée 😉
    Didier

    1. Les notes sans commentaire me laissent pour ma part profondément sur ma faim…je me demande : pourquoi un 2/5 ? qu’est-ce qui ne lui a pas plu ? …ou alors, pourquoi un 5/5, qu’est-ce qui l’a intéressé ?

      Finalement, un commentaire sans note, c’est effectivement le mieux !

      Les commentaires que je préfère sont ceux où la personne donne une illustration concrète de ce à quoi le contenu de l’article lui a permis de réfléchir : un témoignage, une application possible, une discussion critique (« mais non, c’est impossible » ou « je ne suis pas d’accord pour telle raison »…).

      Et vous, pourquoi les notes vous rendent-elles fou ?

      1. Parce que nous ne sommes pas à l'école, parce que nous ne sommes pas dans des compétitions, la liste pourrait être longue. 
        Tiens, imagions. Celui qui organise "cet évènement" (surtout utili pour la bonne visibilité de son site au passage), avec les notes, au bout d'un moment, il va avoir une idée précise de qui écrit quoi et qui "plait" aux autres. Et paf, il lui propose un "partenriat". Et en voiture Simone. Dans cette sphère, rien n'est gratuit, mais alors, vraiment rien… 
        J'ai été contacté pour participer. J'ai longuement réfléchis. Et puis non, je ne suis pas là pour être noté, et encore moins pour qu'un autre tire profit de mon boulot. Faut pas déconner. Ma note ? Pour cela, j'ai un juge de paix, deux à vrai dire : Google Analytics et les ventes sur mon site. Je pense que le deux donnent une bonne vision des choses, vou sne pensez pas ? (: 

        1. Je donne peut-être un peu moins d’importance aux notes que vous… (pour une prof, c’est un comble !). J’ai travaillé 4 ans dans une école d’éducateur où l’on ne donnait pratiquement jamais de note, on faisait juste des commentaires…ça m’allait parfaitement.

          Par contre, c’est vrai qu’on n’est pas à l’école, et que l’on n’a pas d’examen à passer. La note pour moi correspond au message suivant (ou devrait en tout cas) : voici l’écart qu’il y a encore entre votre travail et les critères à partir desquels vous allez être jugé à l’examen. Et l’on se doit dans le commentaire de justifier cet écart perçu à l’aide d’exemples, et de donner des moyens concrets pour progresser. Sans jugement de personne.

          Oui, c’est vrai qu’une personne qui organise un événement en retire un bénéfice. Mais je bénéficie de sa visibilité en retour. Non ? (on m’aurait menti ?)

          Pourquoi vous n’aimeriez pas que quelqu’un d’autre tire profit de votre boulot ? Si vous n’en retirez rien alors que l’autre si, c’est effectivement problématique… Mais sinon, l’entreprise mérite tout de même réflexion ? 

          Il est vrai qu’une « note » est très chargée au niveau symbolique (quelle souffrance à l’école ou ailleurs, pour ceux qui n’en avaient pas de bonnes). Mais finalement, autant remettre ce truc à sa place. Voire ne plus s’y référer du tout ? Pourquoi pas.

          Pour ma part, si je m’en réfère à mon nombre de visiteurs, d’abonnés et de ventes…je n’obtiens pas une super note. C’est grave ?

          1. Vous apportez tout à la fois les questions, et les réponses ((: 

            Mais je bénéficie de sa visibilité en retour. Non ?

            Puis plus bas : 

            Pour ma part, si je m’en réfère à mon nombre de visiteurs, d’abonnés et de ventes…je n’obtiens pas une super note

            Donc, le bénéfice de cette participation ??…. 
            Pour l'école, j'avais de très mauvaises note. Presque par choix. Car quand un sujet me bottait, je m'y mettait, et là, pouf, 14, 17… ce qui rendait fous mes parents et mes profs (: 
            Tiens, une idée sur la notion de "bénéfices" pour ce genre d'évènement. Ce n'est pas le premier du genre, et ça part toujours du même site, et tous les liens pointent sur le même site. Le mec fait un article, et y'an a quoi ? 20,30 qui pointent vers lui à chaque fois ? Pas mal pour la notoriété. Si vraiment il voulait donner de la visibilité, et bien l'évènement tournerait sur les sites de ses lecteurs. Là, oui, au fil du temps, tout le monde en tirerait un vrai bénéfice en terme de visibilité. Enfin, je ça… j'dis rien, c'est juste pour parler (: 

          2. Oui, le jeu est inégal. Oui, la visibilité du site organisateur y gagne BEAUCOUP plus que celle des sites des participants.
            J’ajouterais que les blogueurs en quête de visibilité tournent un peu en rond : les gens qui sont venus commenter sous ce même article dans le cadre de l’événement sont eux-mêmes en quête de visibilité (et oui, il paraît qu’il faut commenter utile pour gagner des visiteurs…). Sauf que la thématique de mon site n’est pas directement adressée aux personnes qui font du « copywriting », du développement personnel ou du blogging. 

            Donc oui, j’ai eu un pic de visiteurs, mais pas qualifié (mais c’est un peu ma faute aussi).

            Et puis je me suis dit, tant pis. Pour le moment, j’arrête les démarches pour essayer de glâner des visiteurs. ça vient petit à petit avec google et le bouche-à-oreille. Finalement, je ne suis pas si pressée.

            Manifestement, la liberté et l’émancipation ont toujours plus compté pour vous que les louanges et félicitations des gens « installés ».

            Ce serait chouette effectivement, un événement tourné vers les sites des participants !

          3. Depuis que je blogue, j'ai du faire peut-être un ou deux articles invités. Jamais participé à de tel évènements. En revanche, je me suis demené sur Twitter, sur Scoop.it afin de refiler de l'aide et de l'information. Au bout du compte, je m'en tire bien. Mon audience est plus correcte, et le nom 4h18 resonne pas trop mal. 
            Alors, ces trucs là, je m'en tiens éloigné, pour une bonne raison : je ne tiens pas à me retrouver dans un truc ou le visiteur "qualifié" pourrait se dire, tiens, lui, il cherche à se faire connaitre. De plus, comme vous le soulignez, c'est aussi un très bon moyen de brouiller son image. Finalement, en y regardant bien, je ne vois pas vraiment de positif dans tout cela. Même si je compred l'engouement des participants.
            Pour les louanges, vous savez, un jour vous êtes un héros, le lendemain, une merde. Ce qui compte ? La satisfaction du travail bien fait, et la satisfaction client.

  11. Bonjour Madame,

      Je me trouve dans une situation pour laquelle je ne trouve pas de réponse précise :

    Je dois rédiger un mémoire de fin d'études d'un vingtaine de pages. Il ne s'agit pas d'un mémoire de recherche mais d'un dossier dans lequel je dois raconter ce que j'ai appris pendant ma formation (d'institutrice). Je dois raconter mes expériences, mon année de pratique, mes perspectives d'avenir, etc. 

    Le sujet est simple puisqu'il ne demande pas de "réflexion". Nous avons une liste de question qui vise à donner une piste pour l'écriture.

    Je souhaite faire au mieux : je pourrais raconter tout ce que l'on me demande, mais je ne voudrais pas tomber dans le journal intime ennuyeux.

    J'ai donc fait un plan à partir des questions posées (la formation/mon année d'expérience/mes perspectives). 

    Je souhaitais trouver une problématoque pour me donner une ligne de conduite mais tout me semble "plan-plan". 

    Avez-vous une idée des directions que je pourrais prendre ? Comment intéresser mon interlocuteur en lui racontant "ma vie" ? 

     

    J'espère avoir été assez précise dans la brieveté,

    Merci d'avance !!

     

    A-Elise 

    1. Bonjour,

      Vous n’allez pas « raconter votre vie », vous allez mettre en évidence vos questionnements professionnels. Même si vous pouvez avoir l’impression que l’on vous demande de raconter sans réfléchir, soyez assurée que ce qui va donner de l’intérêt à votre écrit, ce sont justement vos réflexions. 

      Comment faire ?

      Au cours de votre formation et de vos stages, vous avez vécu des choses qui ont dû vous questionner : pourquoi certains enseignants adoptent-ils telle ou telle méthode pédagogique ? Quels en sont les effets ? Comment aider les élèves à progresser en fonction de leurs difficultés spécifiques ? Comment animer une classe, faire preuve d’autorité ? Comment évaluer les élèves ? etc, etc, etc

      Quels questionnements ont été les vôtres ? Je ne vous ai donné que quelques exemples…

      Dans votre écrit, vous devez, pour chaque thématique que l’on vous demande de traiter, mettre en avant les questions que vous vous êtes posées et la façon dont vous avez construit vos propres réponses (grâce aux cours que vous avez suivis, à vos lectures, à vos expérimentations et observations de terrain, etc.).

      A bientôt,

      Hélène 

  12. Je vous remercie beaucoup d'avoir pris le temps de me lire et de répondre à mes interrogations.

    Votre réponse me donne une ligne de conduite en même temps qu'elle me rassure. Merci infiniment.

    Anne-Elise

  13. Bonjour Hélène,

    C’est un très bon article bien complet que vous avez écrit là. Je gère un blog sur la prise de parole et je peux vous assurer que je le trouve à la fois synthétique et très complet.

    A noter que vous pouvez aussi jouer sur le suspense pour créer (comme au cinéma ou au théâtre) une tension que suscitera l’attention du public et le gardera en éveille !

    Car rien de pire qu’un auditoire en train de dormir (on est d’accord ^^)

    J’en parle à la fin de cet article pour ceux que cela intéresse : http://charismedeveloppement.fr/blog/capter-lattention-du-public/

    Le reste à déjà était mentionné dans l’article de ce site.

    Bonne continuation

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