4 conseils pour améliorer l’efficacité de votre méthode de travail

 
 

« Pour améliorer votre méthode de travail et la rendre plus efficace, il faut que vous commenciez par faire le bilan de votre motivation et que vous analysiez vos stratégies d’apprentissage ».

En général, quand j’annonce un programme de ce type aux étudiants, ils soupirent (fort et profondément…).

Je sais, cela paraît long, fastidieux et pénible… Tout à fait le genre d’étapes au cours desquels on ne comprend pas ce qui est attendu ni ce que l’on va pouvoir en retirer au final. En fin de compte, autant s’en passer, on ne s’en portera pas plus mal. Et pourtant…

Quelles sont vos motivations à suivre la formation dans laquelle vous êtes engagé ? Avez-vous un projet professionnel ? Connaissez-vous les débouchés du diplôme que vous préparez ? Suivez-vous ces études parce qu’elles vous intéressent, qu’elles vous ont été conseillées, que vous ne saviez pas quoi faire d’autre… ?

En général, l’année qui suit le baccalauréat, les réponses à ces questions sont plutôt vagues… Il est cependant possible, et souvent nécessaire, de les préciser et d’approfondir votre projet de formation : cela vous permettra de donner du sens aux efforts que vous devrez fournir pour le réaliser. Je vous propose de vous y accompagner dans le cadre des articles de la partie : Définissez votre projet professionnel.

Quelles sont vos stratégies d’apprentissage ? Prenez-vous des notes en cours ? Les relisez-vous ? Faites-vous des fiches de révision ? Planifiez-vous votre travail ? Préparez-vous vos TD ? Comment travaillez-vous et quelles sont les techniques que vous utilisez pour apprendre ? Je vous propose un accompagnement à l’acquisition de différentes méthodes de travail dans les articles de la partie : Techniques utiles.

Maintenant, si vous êtes parvenu à vous mettre au travail, que vous avez un projet professionnel qui vous motive et que vous vous attaquez à vos révisions, voici quatre conseils qui pourront vous aider à profiter pleinement du travail que vous allez fournir.

 

Premier conseil : posez-vous des questions

Lire un livre « parce qu’il faut l’avoir lu ». Apprendre son cours « parce qu’il faut le connaître ». Faire un exercice « parce qu’il faut préparer ses TD ». STOP !

Il faut que vous passiez de la logique « il faut que », à la logique « à quoi cela va donc me servir ? ». Les étudiants qui développent les meilleures capacités de compréhension et de mémorisation sont ceux qui se questionnent et anticipent l’usage concret de ce qu’ils ont pour projet d’apprendre.

Vous refaites un exercice de mathématiques qui vous demande de savoir appliquer un théorème ?

–          A quoi sert ce théorème ? Quelles sont ses conditions d’application ? Que pouvez-vous conclure en fonction des résultats que vous obtenez ? Quel type de questions pourrait-on vous poser et pour lesquelles utiliser ce théorème vous serait utile ?

Vous amorcez la lecture d’un livre qui vous a été conseillé par un professeur ?

–          Que savez-vous déjà sur le sujet traité ? Que veut démontrer l’auteur ? Quels sont ses arguments ? Quelles conséquences ces arguments vont-ils avoir sur la façon dont vous comprenez le sujet traité ? Quels liens pouvez-vous faire avec des exemples concrets qui vous concernent ou qui concernent une actualité à laquelle vous vous intéressez ?

Vous révisez un cours ?

–          Pour chaque information que vous avez le projet de retenir : quel type de questions pourrait-on vous poser à l’examen ? Quel lien avec les autres cours pourriez-vous faire ?

Apprendre suppose d’anticiper l’utilisation concrète des informations que vous mémorisez : comment allez-vous réutiliser ce que vous apprenez ?

 

Deuxième conseil : donnez-vous un objectif concret

Vous êtes face à un contenu de cours à réviser ? Définissez un objectif concret à atteindre à la fin de votre période de révision.

Pour ce faire, complétez la phrase suivante : à la fin de ces deux heures de révision, je veux être capable de…

Pour les matières scientifiques, il s’agit bien souvent d’être capable :

–          d’appliquer tel théorème ;

–          de refaire telle démonstration ou tel exercice ;

–          ou encore de comprendre avec précision la démarche de résolution de tel problème.

Lorsque vous lisez un ouvrage théorique, vous pouvez vous donner pour objectif d’être capable :

–          de formuler avec précision la thèse défendue par l’auteur : quelles questions s’est-il posé ? Quelles réponses a-t-il construites ? Quels sont ses arguments ?

–          d’utiliser certains arguments de l’auteur pour alimenter votre propre réflexion.

Le fait de vous fixer un objectif à atteindre va vous aider à structurer votre temps de travail. Vous allez ensuite avoir à cœur de répondre à vos propres questions et non plus de chercher à « donner au prof ce que vous imaginez qu’il attend ».

 

Troisième conseil : travaillez un peu chaque jour plutôt que beaucoup deux jours avant l’examen

Bien souvent, nous essayons de trouver comment aller le plus rapidement possible à l’essentiel pour ne pas perdre de temps. Cela nous conduit à adopter des stratégies de travail qui vont à l’encontre des connaissances élémentaires qui existent concernant le fonctionnement de la mémoire.

Souvenez-vous de ces trois principes :

–          Nous avons besoin de réactiver plusieurs fois une information pour l’inscrire dans notre mémoire à long terme ;

–          Plus nous avons de choses en mémoire et plus il est facile d’en intégrer davantage ;

–          Notre capacité à mémoriser ne fonctionne pas de la même façon que notre capacité à comprendre.

Vous pouvez travailler quatre heures d’affilé sans pause et avoir le sentiment d’avoir compris un grand nombre de choses. Et pourtant, au cours du temps, votre capacité à mémoriser les informations n’a cessé de décliner. Il n’y a alors qu’un seul remède : faire des pauses régulières durant vos périodes de travail (environ 5 minutes toutes les 50 minutes).

De la même façon, vous pouvez vous souvenir d’un grand nombre d’informations si vous révisez la veille pour le lendemain. Pourtant, vous aurez immanquablement oublié plus de 80% des informations seulement deux jours plus tard. Pour y remédier, il faut que vous vous astreignez à réactiver votre mémoire régulièrement (après 24h, une semaine, un mois…).

Enfin, vous constaterez que les contenus qui peuvent vous paraître difficiles à comprendre et maîtriser la première fois que vous les abordez s’éclairent progressivement à mesure que le cours avance (si vous maintenez vos efforts pour comprendre). Plus vous affinez votre vue d’ensemble du contenu, plus les éléments qui avaient pu vous mettre en difficulté vont prendre sens : ils auront été remis en perspective dans leur contexte et de nouveaux liens vous auront permis de les appréhender avec plus de facilité. Poursuivez donc vos efforts sur la durée et ne vous acharnez pas sur un problème ardu jusqu’à en être dégouté. Travaillez régulièrement pour avoir la possibilité de revenir sur un sujet difficile.

 

Quatrième conseil : développez vos capacités d’analyse et de structuration des informations

Les étudiants qui réussissent le mieux ne se contentent pas d’apprendre par cœur (que ce soit des parties de cours ou la solution d’un exercice), ils développent constamment leur capacité à organiser et structurer les informations pour se les approprier. Cela suppose de rechercher les idées principales dans ses cours ou dans ses notes, de classer, de comparer, de repérer les similitudes et les différences…

Par exemple, vous faites dix exercices de mathématiques différents sur un même chapitre : qu’y a-t-il de similaire dans ces différents exercices pour qu’ils appartiennent au même chapitre ? Où se situent pourtant leurs différences (astuce particulière, usage d’un outil vu dans un chapitre précédent…) ?

Vous avez à cœur d’acquérir quelques outils concrets afin de vous aider à suivre ces différents conseils ?

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9 thoughts on “4 conseils pour améliorer l’efficacité de votre méthode de travail

  1. Je suis un etudiant en DCEMI de fac de medecine.Apres un terrible echec de ma premiere session je voulais des methodes, des recettes et des conseils pour avancer. Cet article me touche enormement et j’espere les pratiquer et avoir d’autres conseils de votre part. Merci infiniment

  2. je suis un etudiant en chimie(petrochimie) apres un 1er semestre ou j'ai ete bon je me suis retrouve dans un perte de motivation au second semestre sans comprendre pourquoi et depuis je recherche comment le retrouver et la je crois que apres avoir lu vos differents articles je resend de la motivation et de l'envie. alors j'espere que des demain en mettant en pratique vos conseils ca ira mieux et que je n'orais plus le stress des exams de fin de semestre qui approche a grand pas! Grand Merci!!

    1. Bonjour Wilfried,

      Je vous remercie beaucoup pour votre message. Aider les étudiants à redonner du sens à leur projet est exactement le but que je recherche. Surtout n’hésitez pas à poster des commentaires pour expliquer de votre point de vue ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas dans les « conseils » que je donne. Je me ferai un grand plaisir d’essayer de compléter et approfondir les points en question.

      à bientôt,
      Hélène

  3. Je ne suis pas étudiante, mais … j'ai découvert votre site cette semaine, et j'y trouve un tas de conseils super-interessant, et qui peuvent bien s'adapter aussi à la vie professionnelle, et même à la vie privée. J'écoute aussi les vidéos que vous proposez sur comment se motiver à travailler. Merci beaucoup pour ce beau site.

    1. Bonjour Isabelle,

      Je vous remercie pour ce commentaire qui m’encourage beaucoup.
      J’aurais beaucoup d’intérêt du coup à en savoir un peu plus…
      Quels conseils vous sont apparus transférables dans votre vie professionnelle et privée ?
      Auriez-vous un exemple concret qui me permettrait de mieux comprendre les liens que vous avez pu et su opérer ?

      Au plaisir de vous lire à nouveau,
      Hélène

  4. Bonsoir Hélène,
    Des exemples concrêts ? pour partir de l'article dont il est question ici, deux idées me paraissent complètement transposables à vie professionelle et à la vie privée :  Le "starter", et la planification des tâches.
    Pour l'organisation professionelle : mon "stater", ça va être de débarasser mon bureau des dossiers dont je n'ai pas besoin pour le travail que je vais entreprendre. Et, pour ne pas les oublier (serait-ce possible ?) je vais noter sur une feuille (que je scotche sur mon bureau pour ne pas qu'elle s'envole ! ) ce que je dois penser à faire pour chacun.
    Cela libère ma mémoire, et je peux davantage me concentrer à la tache que j'entreprends (plutôt que de penser à ce que je dois faire après …)
    Je vais établir mon planning,de la semaine et  de la journée ; grosses tâches et petites tâches (pareil, sur une feuille que je scotche sur mon bureau).  Je vais la garder toute la semaine, mais, au fur et à mesure que j'accomplie les tâches, je vais les rayer de ma liste.
    La psychologie sociale est très interessante aussi pour nous aider à comprendre comment l'on fonctionne. Votre idée est d'originale d'avoir pensé à transposer ses thèmes pour trouver des motivations à se mettre au travail pour les étudiants. Pour ce qui est de les adapter au monde du travail, ce serait, il me semble, davantage pour améliorer l'organisation et diminuer les problèmes de stress. Ne serait-ce déjà, que pour  comprendre comment certains de nos comportements peuvent être conditionnnés. Et donc, déjà, nous aider à nous déculpabiliser (avec les principes de réciprocité et d'engagement, par exemple).
    Ceci étant, je vais continuer à écouter vos vidéos et lire vos articles.
    Bonne soirée.
    Isabelle.
    (j'aime aussi beaucoup la citation de St Exupéry que vous citez dans l'une des vidéos).

    1. Bonjour,

      Je trouve les liens que vous proposez vraiment très intéressants.
      J’apprécie en particulier l’analyse que vous faites des « effets de sens » induits par une certaine manière d’envisager notre comportement ou nos émotions. Parfois, se sentir compris, reconnu et entendu sans être jugé produit bien plus d’effets que des « techniques clés en main à mettre en pratique », aussi pertinentes soient-elles.
      Mais vous semblez déjà intéressée par le fait de comprendre ce qui sous-tend vos choix et votre manière de penser, du coup, vous pouvez être réceptive et vous approprier les démarches qui visent à « passer à l’action » de manière peut-être plus efficace (dans le sens d’atteindre un but que l’on s’est fixé ou de réaliser un projet qui nous tient à coeur).

      Les questions en lien avec les relations professionnelles au travail m’intéressent également beaucoup. J’avais même hésité à faire un blog sur le thème suivant : « Problème de chef : comprendre la souffrance au travail dans le cadre des relations hiérarchiques ».
      Vous me faites donc renouer avec des problématiques vers lesquelles je reviendrai je pense très bientôt.

      Merci pour ces échanges,
      Hélène

      1. Bonjour,
        Effectivement, à l'heure actuelle, on a largement tendance à confondre les buts et les moyens. Or, pour savoir comment agir, dans quelques domaines que ce soit, il me semble important de toujours revenir aux bases (à la théorie, comme on disait en fac il y a 20 ans !). J'aimerais pouvoir travailler sur les problèmes du stress au travail (pour rechercher à en réduire les causes, plutôt que les effets ….). Je ne sais pas encore comment (association, blog, mise en place de module de formation, …), mais c'est sans importance pour l'instant.
        Dans l'immédiat, j'ai besoin de me former et m'informer sur certains mécanismes et techniques, et aussi de parvenir mentalement à me poser dans mon travail alimentaire ; les deux ne sont pas incompatibles (et ce n'est pas un hasard !). Alors, une conférence amenant vers une lecture, une lecture amenant vers un site, ….
        Merci

        1. Bonjour,

          Quelles sont les lectures qui vous ont le plus apporté pour l’instant concernant la question du stress au travail ?

          Pour ma part, ce sont ceux-là :
          – Travail, usure mentale de Christophe Dejours
          – Le harcèlement moral de Marie-France Hirigoyen
          – Les enjeux psychiques du travail de Pascale Molinier

          Ensuite, tous les livres de psychologie, psychanalyse et sociologie que je lis m’aident à mieux comprendre les contradictions au coeur desquelles se trouvent plongés les professionnels en fonction de leur contexte de travail, des relations conflictuelles auxquelles ils sont confrontés, etc.

          En tout cas, je vous souhaite le meilleur pour votre projet !

          à bientôt,
          Hélène

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