Pourquoi « vouloir » être attentif en cours ?

 
 

En fonction de l’école ou de l’université où vous étudiez, assister aux cours peut être obligatoire ou pas. Vos enseignants accordent par ailleurs une importance variable au degré d’attention des étudiants, ce qui génère un climat de travail plus ou moins propice à la concentration.

Loin de moi l’idée de vous faire croire que le fait de maintenir son attention ne demande pas un effort substantiel, en particulier quand de nombreuses sources de distractions se mettent en travers de votre volonté. Donc oui, acceptons-le une bonne fois pour toute : maintenir son attention en cours demande un effort. Il convient donc de le faire pour de bonnes raisons et un objectif concret.

Si vous êtes obligé d’aller en cours et/ou que vous savez n’avoir aucune volonté pour travailler par vous-même avec la rigueur et la régularité nécessaires, alors la principale raison pour laquelle « être attentif » va vous apporter quelque chose  dans le cadre de vos études est : gagner du temps.

Vous passez des heures, captifs, dans un amphithéâtre ou une salle de classe et vous ne profitez pas de ce temps contraint pour travailler ? Vous « perdez » donc toutes ces heures à vous ennuyer et à retarder le moment où vous devrez de toute façon vous mettre au travail (si vous gardez du moins l’objectif de valider votre année…). Les efforts que vous fournissez « pendant » le cours sont des efforts que vous n’aurez pas à fournir « après » le cours.

Le cours offre habituellement un cadre qui vous permet au minimum d’assimiler des informations, et au mieux des savoir-faire, voire des compétences (ex : résoudre un problème, analyser des données, organiser un contenu, appliquer une méthode…).

Même si l’enseignant ne vous transmet pas le contenu d’une manière qui vous convient (les explications ne vous permettent pas de mieux comprendre, le ton de la voix vous endort, le contenu ne vous intéresse pas…), il reste toujours quelque chose à prendre, surtout si vous n’avez pas le choix d’assister au cours.

Je ne suis pas forcément le meilleur exemple en matière d’assiduité et d’attention. Mais j’avais tout de même des circonstances atténuantes. Lorsque j’ai débuté mon cursus de psychologie, je poursuivais en parallèle un Master 1 de sociologie.

Je travaillais par ailleurs à mi-temps chez McDonald’s (information qui peut intéresser tous ceux qui doivent travailler pour contribuer au financement de leurs études). Je travaillais donc dans un restaurant le samedi, le dimanche et le lundi jusqu’à 14h. Puis j’allais assister à mes cours de sociologie de 14h30 à 19h. Je suivais mes enseignements de psychologie les mardis et mercredis de 8h30 à 21h. Le jeudi après-midi, je participais aux matchs de volley-ball de l’équipe universitaire et le vendredi matin avaient lieu les cours de neurosciences.

Mon double-cursus m’a obligé à faire des choix : certains de mes cours en amphi avaient lieu en même temps et j’ai privilégié d’aller à certains plutôt qu’à d’autres. Il s’agissait prioritairement de cours de première année de psycho et d’un cours de maîtrise de socio que je trouvais rébarbatif au possible. Je peux même avouer que j’ai validé ces UV sans avoir suivi aucun cours. Mais pourquoi ?

Le premier était un cours de psychologie qui reprenait beaucoup de théorie que j’avais déjà eu l’occasion d’aborder dans le cadre de mon DEUG d’Histoire et de ma Licence de Science Politique. J’ai eu 14/20 tout simplement parce que j’avais été particulièrement attentive à d’autres cours dont j’avais conservé les acquis.

Le deuxième était un cours de sociologie pour lequel nous étions autorisés à apporter tous nos documents pour l’examen. Je n’avais rien révisé ni lu sur le sujet. Par contre, j’avais pris soin de photocopier les cours d’une collègue qui avait pris des notes très détaillées et qui n’avait, elle, raté aucun cours. Là aussi, j’ai eu 14/20 à l’UV. Je me souviens avoir synthétisé les notes que j’avais photocopiées en réponse à la question posée, qui était très générale. Mais là aussi, le fait d’avoir sérieusement travaillé mes autres cours m’avait permis d’acquérir des compétences en matière de lecture rapide, synthèse de documents et problématisation sans lesquelles je n’aurais pas été capable de répondre aux exigences de l’épreuve.

Nous ne sommes pas tous égaux face aux examens que nous avons à passer. Par contre, nous avons tous une marge de progression certaine pour nous améliorer. Pourquoi alors « vouloir » être attentif ?

 

1)     Pour profiter du temps captif que vous devez passer en cours : de là à passer un temps conséquent à votre table à écouter, autant en retirer le maximum.

Si vous ne vous êtes pas mis en condition pour travailler (physiquement et intellectuellement), vous allez perdre une à deux heures de votre vie (employons les grands mots) à uniquement « subir ». Or, personne n’aime se soumettre sans résistance à une obligation déplaisante. Vous allez donc, plus ou moins consciemment, chercher les moyens de retrouver de la liberté dans ce cadre contraint : bavarder, penser à autre chose ou faire quelque chose qui n’a rien à voir avec le sujet. Pourtant, vous restez déterminé à valider votre année d’étude ? Profitez donc des cours pour vous mettre au travail.

 

2)     Pour lutter plus efficacement contre la tentation de remettre au lendemain : demain, je m’y mets, c’est sûr. Lorsque vous allez en cours, l’objectif de l’enseignant est de vous transmettre ce que vous êtes sensé apprendre. Au lieu de vous dire que vous comprendrez plus tard, en particulier quand le prof ou le contenu vous paraissent inintéressants, profitez du moment présent pour ne pas remettre à plus tard, d’autant que toutes les conditions sont normalement réunies pour vous faciliter la tâche.

 

3)     Pour profiter de l’ambiance le plus souvent studieuse qu’offre l’espace-temps du cours : habituellement (il y a bien entendu des exceptions), le cours rassemble un groupe d’étudiants qui savent pourquoi ils sont là et qui ont tous à cœur d’avoir de bons résultats à l’examen. Autant profiter de ce contexte de travail plutôt favorable qui vous oblige à rester concentré sur la discipline le temps que dure le cours.

Chez vous, vous avez Facebook, Warcraft, votre téléphone, votre frigo, votre lit, la télévision…qui constituent autant de diversions susceptibles de vous détourner de votre travail. Si vous parvenez à évacuer les sources de distraction également présentes en cours (mais moins nombreuses), vous verrez qu’il n’y a pas meilleur endroit pour vous mettre à travailler. Et c’est tout de même le but, non ?

 

4)     Pour permettre au prof de « faire son travail » : vos enseignants sont là pour enseigner. En amphithéâtre, cela se limite le plus souvent à transmettre un contenu, sans interaction avec les étudiants. Par contre, dans le cadre des travaux dirigés, vos enseignants sont là pour répondre à vos questions et donc vous aider à dépasser vos difficultés dans le cadre d’un accompagnement plus interactif. Il arrive cependant que les étudiants ne soient pas disponibles pour ce type de travail. Beaucoup blâment alors le prof "qui ne serait pas bon".

J’ai échangé une fois avec un groupe d’étudiants qui se plaignaient de leurs enseignants de TD : « on ne comprend pas ce qu’il raconte », « il ne se préoccupe pas de savoir si on suit », « il ne fait que noter sa correction au tableau sans rien expliquer », « il nous envoie au tableau juste pour nous ridiculiser », « quand on ne comprend pas un truc, il nous répète quinze fois la même chose au lieu de trouver une autre manière de nous faire comprendre », etc. Je leur ai alors demandé de m’expliquer comment ils préparaient leurs TD et avec quelle attitude ils arrivaient en cours : « moi au début, j’essayais de préparer les exercices mais j’y arrivais jamais.

Alors si je sèche, au bout de dix minutes je passe à autre chose », « moi je ne jette même plus un œil aux énoncés, de toute façon, le prof nous laisse du temps pour chercher ». Et vous avez suffisamment de temps pour trouver les solutions ? : « ben non. Mais c’est pas grave, je copie la correction et je la revoie plus tard ». Un rapide sondage me permis de comprendre que les étudiants qui prenaient vraiment le temps de chercher les exercices avant de se rendre au TD étaient les moins nombreux. Un dernier étudiant a fini par s’exprimer en disant : « en fait, on ne permet pas au prof de faire son travail ». Qu’a-t-il voulu dire par là ?

Bien souvent, les étudiants se trouvent démunis devant leurs exercices de TD parce qu’ils ne maîtrisent pas le cours. Ils n’ont pas idée des connaissances à solliciter pour trouver des solutions aux problèmes qui leur sont posés. Ils n’ont pas non plus idée des outils qu’ils pourraient utiliser (livres, manuels, sites internet, travail en groupe…).

Au lieu de prendre d’emblée le pli de s’attaquer au problème, au fur et à mesure, ils adoptent une posture de passivité : prennent le cours en note (parfois), attendent la correction des exercices pour les consigner, sans les comprendre, dans leurs cahiers, et tentent d’assimiler la correction des exercices (souvent sur le mode du "par cœur") juste avant l’examen, en espérant que quelques exercices ressemblant seront posés. Quelle conséquence ces modalités de (non)mise au travail a-t-elle ? Et bien vous vous retrouvez en TD à attendre que le prof copie la correction au tableau.

Vous n’avez aucune attente le concernant lui. Il pourrait tout aussi bien vous donner une correction polycopiée et repartir. Alors que le prof est d’abord là pour répondre à vos questions. Mais cela suppose que vous en ayez. Or, pour poser des questions précises et pertinentes, il faut avoir passé un minimum de temps à travailler en amont. Le prof vous paraitra vraiment "bon" quand vous lui poserez des questions qui lui permettront de « faire tout simplement son travail ».

J’ai peut-être réussi à vous donner envie d’être plus attentif en cours. Mais ce n’est pas pour autant que vous y parvenez. Parce que ce n’est pas toujours parce qu’on veut, qu’on peut. Il vous faut maintenant comprendre ce qu'« être attentif » veut dire, afin de pouvoir l’être quand vous l’aurez décidé. J’aimerais ainsi vous expliquer comment votre « profil pédagogique » (Antoine de La Garanderie) a une incidence sur votre capacité à maintenir votre attention. Mieux comprendre le mécanisme de l’attention va vous permettre de commencer à trouver par vous-mêmes les moyens de progresser (même si je consacrerai un autre article à des conseils concrets sur la question).

 

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