A tous les étudiants qui préfèrent apprendre à réfléchir par eux-mêmes plutôt qu’à répéter ce que dit le professeur

 
 

Touchée par la malédiction des « bons élèves » au lycée, je me suis retrouvée à préparer un bac scientifique alors que je préférais les matières littéraires.

Entourée de camarades qui eux avaient choisi leur orientation en connaissance de cause, j’étais de loin la meilleure de la classe en français avec des notes allant de 13 à 15/20. Mon prof et les autres élèves valorisaient alors une « réussite » si exemplaire pour une élève dont cette matière n’aurait pas dû constituer le point fort.

Et je me souviens avoir mis sérieusement mon prof dans l’embarras quand, à l’abri des regards envieux et le plus discrètement possible, j’avais demandé ce qu’il fallait que je fasse pour avoir 16…

Avec un 14/20 et trois points d’avance sur le suivant, je quémandais un « traitement de faveur » ?

Et bien oui, répondis-je. Entre 14 et 20, il y a quand même pas mal de marge… Quelles pistes pourriez-vous m’indiquer pour que je m’améliore ?

J’ai reçu hier le message d’un étudiant qui m’a renvoyé à cette expérience passée. Au premier abord, beaucoup pourraient s’interroger sur les motivations que l’on a à vouloir faire « toujours mieux » ou à avoir « toujours plus ». Mais je pense pour ma part que la question est ailleurs…

Je vous propose de découvrir le message que Mohamed m’a envoyé avant de proposer quelques pistes de réponse aux questions qu’il me pose.

«  Bonjour,

J'ai lu avec attention quelques-uns de vos articles qui m'apportent une aide assez précieuse, cependant j'aimerais quelques conseils qui, je pense, n'ont pas été encore abordés dans l'un de vos articles.

Avant tout, il me faut commencer par une brève introduction pour que vous compreniez l'étendue du problème. Mi-septembre je fais ma rentrée en Master 1 à Dauphine ; j'ai suivi un parcours général d'économie dans une Université assez bonne en terme de renommé. Cependant, la formation des Universités ne me plait pas du tout, ou du moins la formation en économie des Universités. Car lorsqu'on me donne un cours à comprendre et à apprendre, j'ai l'impression qu'on me dit implicitement : "Prends ce cours, et recrache-le à l'examen".

Pour vous donner un exemple : j'avais un cours en L2 intitulé "Monnaie, banque et finance" où l’on étudiait les mécanismes de base d'une économie. L'examen pour ce cours était une dissertation sur l'un des points vu dans les chapitres. Du coup, l'ayant compris et appris par cœur, j'ai ressorti le cours presque mot pour mot en suivant le même plan que le prof. Il s'avère que j'ai eu 16…

Malgré le fait que je savais très bien que ce n'était pas du travail purement intellectuel, mais plutôt un travail qui s'apparente à celui d’une photocopieuse, je n'avais pas le choix, car finalement, on ne m’a jamais appris à étudier autrement (surtout que je suis issue d'un BAC STG). De plus, je n’avais pas vraiment les capacités de faire plus à cette époque, car ce travail-là me demandait déjà énormément d'effort, de concentration et de temps. Mais cela suffisait pour avoir de bonnes notes.

Maintenant que j'ai acquis de bonnes bases en économie, où je connais certains types de raisonnement à avoir dans le domaine, j'aimerais passer à un stade supérieur, surtout que je commence une spécialisation dans le domaine économique.

Petite introduction un peu longue, mais voila, le problème est le suivant : je sais très bien qu'il faut qu'à côté je prenne des livres de certains auteurs qu'on mentionne dans le cours et que, par exemple, je prenne des notes (comme vous l'avez bien expliqué dans votre tutoriel vidéo); d'ailleurs c'est comme cela que je conçois les études dorénavant, comme un accès direct aux thèses élaborées par d'autres, afin d'y réfléchir longuement et efficacement. Cependant, bien que j’aie envie de le faire et de le faire de manière assez intense, je ne saurais pas quels sont les livres à prendre de ces mêmes auteurs vus en cours… Dois-je étudier toute la bibliographie ainsi que la biographie des auteurs…au risque de sortir du sujet du chapitre vu en cours ? Si l’on veut être spécialiste d'un domaine, il en faut bien une vaste connaissance? Ou alors faut-il que je me limite à quelques bouts de livres pris par-ci, par-là?
Peut-être même dois-je lire des livres provenant d’autres domaines, mais qui traitent du même sujet?

Pour résumer, j'ai peur de me perdre dans l'océan de littérature qui s'offre à moi si je m'engage dans un travail hors de ce qu'on attend.

De plus, étant donné que le fonctionnement des examens est celui que je vous ai expliqué plus haut, ce que je vais apprendre, je ne pourrais vraisemblablement pas le réutiliser lors des examens car il leur suffit simplement que je rende bien gentiment ce qu'ils m'ont vendu pour vérité absolue. Je ne m'en resservirai que si je continue en doctorat mais certainement pas avant.

En réalité, j'avais une amie qui était en prépa littéraire à Nice, et quand on révisait ensemble, je voyais que ses révisions tournaient autour de 3, 4, 5 livres voire plus. J'aimerais donc "copier" la méthode de ce genre de formation mais de manière personnelle. Or, la méthode, je ne la connais pas.

Vous-même étant passé par ce genre d'étude, qui me semble réellement former des intellectuels et non des copistes, comment puis-je faire pour allier mes cours et mes lectures personnelles, tout en faisant en sorte que cela me reste tout au long de ma vie, et non que les 3/4 de mon apprentissage soit déjà parti dès les grandes vacances ?

En fin de compte je cherche une méthode pour être vraiment un spécialiste dans mon domaine, afin de savoir vraiment de quoi je parle, que j'approfondisse mon raisonnement, car j'ai remarqué qu'il faut vraiment être plongé dans une discipline de manière régulière et intense pour pouvoir en être maître, et non se contenter de simples cours abordant des notions déjà résumées.

Merci d'avance pour votre aide, j’espère m'être bien exprimé et m'être fait comprendre, peut-être que cela pourra faire l'objet d'un article dans la même lignée que celle de vos articles d’hypokhâgne ».

 

Les premières années d’Université

Les premières années universitaires sont souvent le théâtre de multiples remises en question existentielles :

Comment vit-on cette nouvelle indépendance qui accompagne l’accès aux études supérieures ? Les soirées ? Les sorties ? L’absence de contrôle des présences en cours ? Les examens qui s’espacent ? Les devoirs à la maison qui semblent disparaître…

Lorsque l’on change de ville, de logement et plus globalement d’environnement, comment reprend-on ses marques ? Comment se reconstitue-t-on un groupe d’amis après « l’éparpillement » post-bac de tous ceux que l’on connaissait si bien depuis des années ? Comment gère-t-on le quotidien, les complications administratives ou encore les courses et le respect du budget ?

Comment surtout s’adapte-t-on au rythme et au cadre de travail qui changent ? Les cours en amphi, les profs distants, les étudiants qui ne sont jamais les mêmes d’un cours à l’autre…

Comment enfin confirme-t-on (ou remet-on en question) son « projet » d’études ? Le cursus que l’on a choisi en première année est-il toujours celui que l’on a envie de suivre à la fin du premier mois, du premier semestre, des trois ans de Licence… ?

Il y a tellement de choses à découvrir et tant de changements auxquels s’adapter que si la méthode de travail que vous avez su adopter fonctionne et vous permet d’obtenir des notes honorables aux examens, pourquoi chercher plus loin ?

Oui, d’accord. Mais cette période d’adaptation ne dure qu’un temps.

Au cours de trois années d’études universitaires, on finit par trouver son rythme, préciser son projet professionnel et finalement développer des attentes différentes de celles de ses débuts.

« Un travail de photocopieuse » ?

Les profs attendent-ils vraiment que les étudiants restituent tel quel le contenu qu’ils ont transmis en cours ?

Je mentirais en disant que ce type de prof et d’évaluation n’existe pas. En particulier dans les premières années, certaines disciplines invitent davantage au contrôle des connaissances qu’à une véritable problématisation de la pensée.

Dans les matières scientifiques également (même si c’est moins fréquent à l’Université qu’au Lycée), les examens peuvent consister à reproduire un raisonnement appris par cœur plutôt qu’à utiliser des connaissances pour résoudre un problème inédit.

Deux réflexions me viennent sur ce sujet en particulier :

  • Je n’aurais pour ma part pas été capable de produire des idées personnelles sur des sujets qui étaient si nouveaux pour moi (la sociologie des organisations, la psychopathologie de l’enfant, la phénoménologie…) ;
  • Dans les premières années d’un cursus, les programmes couvrent une large palette de sous-disciplines. J’étais donc bien contente de ne pas avoir à approfondir et maîtriser (vraiment) des UV comme celles de neurosciences, d’Histoire antique, de psychométrie ou de sociologie des genres…

Ce n’est pas que ces UV étaient inintéressantes en elles-mêmes, c’est juste qu’elles ne m’intéressaient pas, moi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis spécialisée par la suite dans d’autres domaines.

Ce « choix des matières » m’a conduite, comme de nombreux étudiants, à en faire le minimum…et de fait à ne plus avoir beaucoup de souvenirs aujourd’hui de ce que j’ai étudié alors.

J’ajouterais que ce travail d’assimilation un peu plaqué est peut-être nécessaire. Avant de critiquer, discuter ou compléter une problématique, un ouvrage ou un auteur, ne faut-il pas acquérir les bases qui permettent de s’assurer que nous les avons bien compris ?

Quand j’enseignais la sociologie générale en première année de Licence Administrations Economiques et Sociales (AES), j’avais toujours à cœur d’amener les étudiants à développer une pensée personnelle sur les textes que nous étudiions. Il s’agissait d’inviter à discuter les « grands auteurs » (Levy-Strauss, Durkheim, Weber…), et ne pas considérer leurs approches comme des dogmes. Mais lorsque l’on débute, on ne connaît pas les enjeux d’une discipline, ces grands courants de pensée, les polémiques qui la traverse. S’approprier tout cela prend du temps.

Je ne sais pas si vous avez vu le film Will Hunting de Gus van Sant.

Cette histoire met en scène un jeune homme surdoué qui s’est instruit dans les livres et n’a suivi aucun cours à l’Université. Alors qu’il cherche à séduire une fille dans un bar, il est interpelé par un jeune étudiant de Harvard qui cherche à rivaliser avec lui sur le terrain intellectuel.

Will se lance alors dans une diatribe pour remettre l’étudiant à sa place. Pour ce faire, il anticipe tout le développement que celui-ci va faire sur le sujet qui les oppose : il cite un à un les ouvrages et les auteurs de référence du jeune homme, afin de l’humilier en montrant qu’il n’a su développer aucune pensée personnelle et ne fait que reprendre à son compte les théories des grands auteurs qu’on lui a enseignés.

C’est ce que l’on nous apprend effectivement à faire à l’Université : connaître et savoir disserter sur des sujets sur lesquels de grands chercheurs ont déjà discuté et théorisé. Nous nous familiarisons avec leurs enseignements, et nous apprenons à penser et résoudre des problèmes à partir et/ou grâce à leurs contributions.

Si vous voulez vous mesurer à ces auteurs, ou du moins apprendre à développer une pensée nouvelle et personnelle, vous vous engagez dans la voie de la recherche.

Si vous voulez maîtriser leurs théories pour les appliquer à des problèmes concrets, vous faites de l’ingénierie, de l’entreprenariat, du management, etc.

L’envie d’approfondir ses connaissances dans un domaine particulier

Mohamed (l’auteur du mail ci-dessous), peut-être serait-il intéressant de préciser quelque peu le projet qui vous invite à vouloir approfondir les enseignements que vous suivez ?

  • Avez-vous envie de devenir un spécialiste d’une discipline par goût pour celle-ci ? Vous aimez apprendre. Vous aimez l’économie. Vous avez donc envie d’élargir vos connaissances, ne plus vous contenter du minimum (ou des cours appris par cœur), afin de développer votre compétence à penser par vous-même…
  • Vous avez un projet professionnel qui se précise et vous avez envie de développer vos compétences et connaissances en économie pour le réaliser. Peut-être avez-vous un stage, un métier ou un domaine professionnel que vous visez tout particulièrement. Vous avez donc envie de vous hisser au niveau requis pour pouvoir y prétendre et offrir une vraie valeur ajoutée ?

Ma question est plus globalement la suivante : au service de quel projet souhaitez-vous mettre ces efforts et ce travail que vous semblez prêt à déployer ?

« Les ¾ de ce que j’ai appris est déjà parti dès les grandes vacances… »

Je vous invite à vous poser d’abord cette question du projet parce qu’elle a un lien étroit avec une autre de vos préoccupations : vous souvenir sur le long terme de ce que vous apprenez.

La mémoire fonctionne sur le principe de la mise en lien des informations les unes avec les autres. Et l’une des manières de poursuivre cet objectif est de se poser la question suivante : a quoi cela va-t-il me servir de savoir cela ?

Cela ne veut pas dire qu’il faille nécessairement que cet usage soit concret et appliqué. Vous pouvez tout à fait l’envisager comme une manière de penser différemment un problème théorique.

Par exemple.

Vous avez une UV de Droit qui vous demande de lire des Codes et de connaître des exemples de Jurisprudence sur une question particulière.

Vous pouvez vous contenter d’apprendre les informations par cœur en vue de les restituer telles quelles au moment de l’examen.

Mais vous pouvez également vous intéresser au contexte sociologique, historique et politique qui a présidé à l’apparition d’une Loi. Vous pouvez constater en suivant un peu l’actualité que chaque Loi donne lieu à des débats et polémiques nourris : les professionnels concernés, les lobbys divers, les philosophes, les journalistes, etc., chacun se saisit à son niveau de la question posée pour en faire sa propre analyse et partager son opinion.

C’est la même chose en économie. Les théories sont nombreuses (même si certaines dominent au niveau des universitaires). Les choix qui sont faits ont des incidences innombrables pour les gens qui sont touchés par les décisions prises. Cette discipline a ainsi des liens ténus avec bien d’autres, comme vous le suggériez (l’Histoire, la Sociologie, les Sciences politiques, le Droit…).

Se souvenir, c’est avant tout faire des liens avec d’autres informations qui ont du sens pour vous, et qui vous importent.

Quelles sont ces choses qui ont de l’importance pour vous ?

Comment faire concrètement pour devenir « spécialiste dans son domaine » ?

Première question : de quoi voulez-vous être spécialiste ?

Et c’est une vraie question.

En général, à l’Université, les étudiants commencent à se spécialiser en travaillant à leur premier mémoire de recherche. Avez-vous un tel mémoire à écrire dans le cadre de votre Master ?

Vous allez vous poser une question, en faire un problème et partir en quête de lectures, de témoignages, de réflexions diverses qui vont vous permettre de proposer des réponses construites et argumentées.

Lorsque vous lirez dans le cadre d’un projet de recherche, vous rassemblerez des informations avec l’objectif de trouver des éléments de réponse aux questions que vous vous serez posées (d’où l’importance de préciser sa problématique…). Vous aurez donc un projet qui vous permettra d’accrocher beaucoup plus (et sur le long terme) les informations que vous serez amené à consulter.

Je parle de cette démarche en ce qui concerne un mémoire de recherche universitaire, mais il s’agit de la même lorsque l’on doit préparer un exposé, un rapport de stage, une dissertation ou une thèse de Doctorat. On peut aller plus ou moins loin dans les recherches, la problématisation ou la discussion.

Et concrètement ?

Il est probable qu’en Master, vous ayez davantage de cours structurés autour d’une problématique et moins de cours généraux qui ont pour objectif de vous transmettre les bases d’une discipline.

Par exemple.

Mes cours de première année en psychologie étaient intitulés « Psychopathologie », « Introduction à la psychanalyse » ou « Psychologie générale ».

Mes cours de Master dans le même cursus étaient intitulés « Le fantasme », « Les relations frère/sœur » ou « Le narcissisme ».

En première année, le cours de psychopathologie visait à présenter la classification nosographique des différents troubles psychiques (les névroses, les psychoses, les perversions).

En Master, le prof considérait que nous étions bien repérés et nous amenait à nous questionner sur les enjeux de la prise en charge de certains troubles ou sur la manière de comprendre les racines inconscientes de certaines névroses.

Comment approfondir un cours ?

Comment ne pas se perdre dans la bibliographie interminable proposée par le chargé de cours ?

J’aurais deux remarques à faire pour répondre à cette question :

  •  Il vaut vraiment mieux approfondir la connaissance d’un seul ouvrage (que votre prof vous présente comme incontournable), plutôt que d’essayer de survoler tous les livres qui vous sont conseillés.
  • En Master, vous pouvez vous faire confiance pour aller lire les auteurs directement dans le texte et ne plus vous contenter des manuels qui résument et synthétisent.

Par contre, je sais pour ma part que j’ai toujours eu du mal à « lire pour lire », uniquement parce que c’était soit disant nécessaire pour parfaire notre culture universitaire…

Par ailleurs, vous retiendrez beaucoup mieux la théorie d’un auteur, et vous comprendrez beaucoup mieux sa démarche, si vous vous posez des questions.

En général, on se pose des questions quand on a un mémoire à écrire, un exposé à préparer, un problème à résoudre ou une dissertation à composer.

Quand vous suivez un cours, vous vous posez des questions si le prof vous invite à vous en poser (ou que vous le faites spontanément, ce qui est aussi possible). Un prof qui invite les étudiants à se poser des questions est un prof qui s’en pose lui-même, et qui vous propose un contenu en réponse à cette problématique qui a présidé chez lui à l’élaboration de son cours.

Vous pouvez ainsi vous approprier ces questions et les garder en tête lorsque vous lisez les ouvrages conseillés.

Avez-vous pensé aux articles des revues spécialisées ?

En deuxième année d’Histoire, je me souviens d’un conseil qui m’avait été donné par mon prof de TD d’Histoire contemporaine : surtout, lisez des livres courts. Et lisez-en plusieurs.

Je me rappelle qu’il avait fait une exception pour un livre qu’il jugeait vraiment exceptionnel.

Effectivement, même en Master, vous avez un certain nombre de cours à suivre. Vous aurez donc plusieurs cours à vous approprier, de longues bibliographies et des dizaines d’ouvrages suggérés.

Comment choisir judicieusement ?

Toute discipline enseignée à l’Université possède ses revues spécialisées dans le domaine. Un article d’une dizaine de pages, qui aborde une problématique ciblée, pourra vous permettre de découvrir un auteur, un courant ou les enjeux d’une polémique scientifique de manière extrêmement pertinente.

Parfois, lire une dizaine d’articles dans une revue sur un thème spécifique vous permettra d’avoir une vue beaucoup plus globale et problématisée d'un sujet que la lecture d’un ouvrage unique.

Ne cherchez pas à TOUT savoir ou à TOUT lire

C’est en approfondissant véritablement la pensée d’un auteur (et même de l’un seulement de ses ouvrages) que l’on apprend le plus. Vous pourrez en effet chercher à comprendre le cheminement de sa pensée, les arguments sur lesquels il a étayé sa théorie, les discussions qu’il a nourries avec d’autres penseurs de son temps.

Ce travail est une excellente introduction à l’acquisition d’une capacité à problématiser sa propre pensée.

Et maintenant ?

Mohamed, voici tout ce que m’a inspiré votre message (pour le moment…).

Je ne vous propose pas pour l'instant de méthode plus précise pour suivre la voie que je vous propose. Mais que comprenez-vous et retenez-vous de ce que je vous ai écrit ?

C’est avec plaisir que je poursuivrai l’échange, dans les commentaires ou un nouvel article.

 

 

4 thoughts on “A tous les étudiants qui préfèrent apprendre à réfléchir par eux-mêmes plutôt qu’à répéter ce que dit le professeur

  1. Il me semble que vous avez mis le doigt sur un point important: Celui de vouloir se spécialiser sans forcément un projet défini. Le seul projet que je me fixe c'est celui d'être utile, c'est-à-dire de redonner, modestement, un peu d'humanité à cette discipline. Mais il est vrai que c'est bien large, et donc que ça ne me permet pas de concentrer mes efforts sur un point et de le retenir efficacement.  Donc avant tout, ce que j'en tire comme conclusion, c'est que ma motivation, à savoir celui d'être utile, doit être orientée. 
    Deuxièmement, je prends vos conseils comme un soulagement. Effectivement, j'aurais eu tendance à prendre tous les livres présentés par le prof, mais cela aurait certainement eu l'effet de me décourager avant de les lire, ou bien de me perdre rapidement à l'intérieur de notions diverses. Le principe d'approfondissement d'un auteur, d'une thèse ou encore d'un livre de référence de la discipline m'a l'air bien plus raisonnable que l'éparpillement. Je n'avais pas non plus pensé aux revues qui semblent être un moyen efficace de découvrir les enjeux de la spécialité et donc d'orienter mes lectures et mes efforts.
    Il y a effectivement un mémoire de fin d'année et j'aime assez l'idée de l'utiliser comme un moyen efficace pour accrocher mon attention et ma mémoire . Je dois avouer que je voyais cela comme un "examen ou un test de plus".
    J'attendais uniquement des réponses, et bien que j'en aie eu, je repars avec un questionnement plus profond. Peut-être bien que c'est cela la solution. Savoir quoi faire, et ne pas forcément vouloir tout faire.
    J'y réfléchirai sérieusement. Merci de la réponse, si d'autres questions me viennent à l'esprit je n'hésiterai pas.
     
     
     

    1. Mohammed,

      J’apprécie énormément votre retour.

      Que vous repartiez avec des idées et un questionnement plus profond est extraordinaire (pour moi qui suis enseignante et psychologue) : vous vous appropriez ce qui vous a parlé dans mes réponses et vous continuez à réfléchir pour trouver votre propre voie.

      Que demander de plus à quelqu’un qui cherche avant tout à s’émanciper et réfléchir par lui-même ?

      A bientôt,

      Hélène

  2. bonjour,
    je n ai pu faire aucune etude car j ai preferai avoir des enfants et m occupais que d'eux mais voila maintenant ils sont partis et je decouvre que j aime beaucoup apprendre mais je ne sais pas comment le faire et quelle est ma specialite et est-ce que je dois en avoir une ,ou apprendre pour apprendre .
    j aime beaucoup votre blog,vos conseils me plaisent et je voulais vous passez un mot pour vous faire signaler mon envie de faire quelque chose de ma vie et vous demande de m'aider.
    avec  tous mes remerciements et une bonne continuation dans vos travaux
    PS: peut etre voudrais je ecrire un livre mais dans quelle specialite.merci

    1. Bonjour,

      Je vous remercie pour votre message.

      Concernant les questions que vous posez, peut-être serait-il intéressant de préciser quelque peu votre projet :

      – Pourquoi souhaitez-vous « apprendre » ? Avez-vous l’objectif d’obtenir un diplôme ?

      – Peut-être voulez-vous simplement vous instruire. Pour le plaisir ?

      Il n’y a besoin d’aucune formation particulière pour écrire un livre…pour soi ou ses amis.

      Par contre, si vous souhaitez être publiée, c’est une tout autre affaire.

      Pourquoi vouloir vous « spécialiser » ? En général, on se spécialise quand on a le projet de trouver un emploi et/ou d’obtenir un diplôme. Est-ce votre cas ?

      Si vous souhaitez « apprendre pour apprendre », vous pouvez lire, réfléchir, écrire sur les sujets qui vous intéressent. Simplement.

      A moins que vous souhaitiez acquérir une compétence particulière qui serait reconnue. Laquelle ? Dans quel but ?

       

      Il y a donc quelques questions à vous poser avant de préciser quelles démarches entreprendre.

       

      A bientôt,

      Hélène

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