Florence MEYER, coach d’orientation et de motivation scolaires

Je vous ai présenté Florence MEYER en tant que fondatrice de l'association Quokka, dont le projet est d'aider les adolescents à trouver leur voie et à construire un projet d'orientation. 

Mais dans le cadre de nos échanges, Florence m'a également raconté comment elle accompagne les élèves/étudiants dans le cadre de leur parcours scolaire. Je lui ai donc commandé un autre texte que je partage ici avec vous. Elle nous raconte comment elle accompagne les jeunes et les familles qui la sollicitent afin de les aider à redonner du sens à leur scolarité. 

 

Florence MEYER : Tout commence en général par un appel téléphonique de la maman, parfois du papa, plus rarement du jeune lui-même.

La question posée est classique. Les parents se plaignent que leur ado se désintéresse du collège/du lycée, qu’il a une idée trop vague de son orientation, quelquefois des difficultés d’apprentissage (supposées), qui l'empêcheraient de poursuivre ses études.

De plus en plus souvent, ce sont des étudiants qui, après une première année difficile en études supérieures, se reposent la question de leur avenir.

Je parle assez longuement avec mon interlocuteur pour comprendre son cheminement, son analyse de la situation. Je suis très attentive à ses questionnements, à son degré d’anxiété, à son positionnement vis à vis de son ado. S’il s’agit d’un étudiant, il est important de prendre en compte le regard de ses parents sur son parcours scolaire.

Le premier entretien familial

Je propose un entretien à 4 (parents-ado-moi), si possible, ou à 3 si l'un des parents est indisponible. Dans ce cas, je demande un rendez-vous avec l’autre parent à un autre moment. S’il s’agit d’un jeune majeur, il est libre de faire entrer ses parents dans notre duo, souvent il le fait d’instinct. Les entretiens se déroulent dans un endroit neutre, un café par exemple (exceptionnellement par internet si la distance l’oblige). Le café est un bateau qui nous permet de naviguer sans aucun repère connu, nous sommes à égalité.

Je me présente comme une personne bienveillante. Mon rôle est à la fois simple et compliqué. Faire émerger le factuel et le séparer des croyances. Saisir l’émotionnel de chacun. Comprendre le positionnement et les interactions au sein de la famille. Juste une photographie à cet instant T, qui me permet de construire un cadre de travail.

Je serai la gardienne de ce cadre, lors du voyage que l’on va faire. Car il s’agit bien d’un voyage pour ce jeune ! Un voyage dont on détermine l’objectif : meilleure motivation, trouver une orientation, de nouvelles méthodes de travail…

Quel que soit l’objectif, c’est le début d’une découverte, sa découverte, d’une rencontre passionnante avec lui-même.

La rencontre

Je propose, pour ce faire, des outils, peut être plus variés, plus affûtés, plus affinés que ceux dont il dispose.

Parmi ceux-ci, il y a des questions, comme un voyageur qui visite un pays nouveau. Il s’engage à me répondre avec le plus d’honnêteté et de recherche possible. J’invite à un voyage, avec les éléments qu’il veut bien me donner.

Le concept de Quokka est de croire que chacun de nous porte en lui un trésor, plus ou moins caché ! Un peu comme le cadeau de l’œuf de K… (marque bien connue). La banalité n’existe pas, je ne l’ai jamais rencontrée, chaque individu est unique. Je dois juste lui renvoyer l’image qu’il m’envoie pour qu’il se comprenne.

Quand l’objectif est bien défini, il faut tirer le fil rouge de la pelote de leur vie rêvée. 

Pendant les 5 entretiens d’1h30, nous rencontrons ses amis, sa famille, ses passions, nous évoquons les valeurs essentielles de sa vie (oui, oui, ils en ont beaucoup !), nous avançons tranquillement dans la forêt amazonienne de leurs peurs de ne pas y arriver, de ne pas être assez ceci ou trop cela, de ne pas avoir le ticket d’entrée pour telle option.

Ils travaillent sur ce qu’ils veulent garder et ce qu’ils peuvent abandonner. Ils pointent leurs habitudes de travail, leurs difficultés à affronter, les dires des uns et des autres sur eux.

Ils ressortent de ces entretiens, en général, soulagés d’avoir exprimé quelque chose, comme s’ils avaient peur d’être vides de sens ou à bout de souffle. Ils assistent à leur naissance scolaire, une prise en main de leur devenir. Ils mettent un moteur à leur avenir.

Ce qui est formidable, c’est qu’il n’y a pas besoin d’expliquer, ils comprennent très vite qu’ils sont leurs meilleurs alliés. Nous devisons sur les meilleurs chemins à prendre au lieu de nous perdre dans les dédales des formations possibles, ils apprennent à gérer leurs idées foisonnantes et à faire les liens.

Un rêve de voyage, mais pas du rêve ! Il y a la réalité et je n’ai pas de baguette magique ! 

Ni pour changer l’école, ni pour créer d’autres règles. D’ailleurs aucun jeune ne me l’a demandé, mais des parents, si !

Je suis bienveillante, mais cela ne signifie pas bénie oui-oui ou gentille. Si les éléments sont trop restrictifs ou contradictoires, je le souligne.

Par exemple, un jeune qui veut faire une école de commerce, mais qui ne souhaite pas quitter sa famille et partir en province ou qui dit que les langues étrangères c’est pas son truc, a un choix à faire.  Il doit réfléchir et s’engager.

Si ces restrictions sont liées à des angoisses importantes, ou à des peurs récurrentes, je les prends en compte, mais je ne les « soigne pas », ce n’est pas de mon ressort. Je ne suis pas thérapeute.

C’est tentant de vouloir les aider, mais il faut savoir rester à sa place. C’est le plus difficile dans ce travail, je l’avoue. Pour éviter toute dérive, je reformule beaucoup leurs paroles, je garde un cadre très précis et l’humour est de bon aloi. Après tout, être le metteur en scène de l’acteur principal,  ce n’est déjà pas si mal, non ? 

Les parents

Pendant ce temps, j’invite les parents à rester à distance, à ne pas chercher à savoir.

En échange, je leur demande de noter les évolutions. S’il y a un problème majeur, bien sûr, ils peuvent me contacter. Eux aussi font du chemin, parfois difficile.

Il ne faut pas qu’ils aient l’impression que je prends leur place ou que je les juge. Comment serait-ce possible ? Pour eux, le travail est de lâcher-prise et ce n’est pas simple.

Je dois les convaincre qu’ils ont bien transmis, mais que l’adolescence et sa valse d’hésitations, c’est normal et souhaitable.

Je ne suis pas l’allié des parents, j’aide le jeune à s’éveiller. Ce n’est pas toujours facile à comprendre pour eux. Pour les aider, je leur propose de rejoindre les parents du réseau Quokka, pour parler de leur métier et aider les jeunes à mieux connaître le monde professionnel.

Du rêve à la réalité

A la fin du voyage, 5 entretiens généralement suffisent, le jeune fait une restitution de son projet (les modalités diffèrent selon l’âge).

C’est important pour deux raisons : souvent, ce sont les parents qui sont demandeurs de ces rencontres, au départ, mais aussi, parce qu’il est important que le jeune verbalise sa démarche et ses avancées.

Ce voyage est virtuel, il est ici et maintenant, sans risque, tout est possible, mais il faut le faire avancer dans le monde réel. Il va ainsi confronter sa démarche à ses plus grands fans, mais aussi à ses plus grands critiques.

Verbaliser son travail le rend crédible. Ils sont fiers et se sentent plus forts. Les non-dits s’expriment tranquillement. La communication est meilleure. Les parents lâchent la pression, le stress, ils offrent leur confiance et les aident ainsi à mieux porter le projet. Par la suite, je propose également au jeune de rencontrer les parents Quokka pour qu’ils posent leurs questions à des professionnels. C’est ce que j’appelle les duos de la réussite.

En avant, marche !

Nous nous quittons, avec la promesse de nous revoir, de rester en contact.

Ma plus grande victoire, c'est quand ils ne reprennent pas contact avec moi directement, mais qu’un de leurs amis, ou une connaissance, m’appelle pour me dire : "alors voilà, je vous appelle parce que etc…". Et là, c’est un nouveau voyage qui commence…

Florence Meyer

Profession : Eveilleur d’ados

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Vous pouvez la contacter :

Via son site Internet : http://www.quokka.fr

Par téléphone : 01.55.78.08.32.

Par email : quokkaparent@gmail.com

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