Travail ou loisirs : comment gérer ses priorités et stimuler sa motivation ?

Au sein de l'école d'ingénieurs où je travaille, les étudiants doivent choisir une branche de spécialisation après les deux premières années de tronc commun. 

L'année dernière, j'ai organisé une journée de présentation des branches par des étudiants en fin de cursus. Mon objectif était qu'ils expliquent pourquoi ils avaient choisi telle ou telle branche, comment ils avaient trouvé leurs stages et ce qu'ils en avaient retiré. Je leur avais également demandé de parler de leur semestre d'études à l'étranger et des cours qu'ils suivaient. Quelles étaient les UV représentatives de leur branche ? Quels liens faisaient-ils entre le contenu théorique de la formation et les applications de terrain sur les lieux de stage ?

Les étudiants ne présentent pas leur branche comme les enseignants. Ils mettent d'abord en avant leur expérience et ce qu'elle a d'exaltant. C'est exactement ce que je recherchais : donner envie aux étudiants de première année de se projeter dans la suite de leur cursus. 

Car pour beaucoup, la motivation à se mettre au travail n'est pas au rendez-vous.

Telle UV de maths fondamentales n'est pas assez concrète. 

Telle autre de mesures physiques ne semblent avoir aucune utilité.

Ils ne comprennent rien en algorithmie et ne voient pas l'intérêt de retrousser leurs manches pour dépasser leurs difficultés avant le week-end qui précède l'examen…quand il est déjà trop tard.

 

Se projeter dans l'avenir pour se motiver à travailler maintenant

Entrevoir ce que les efforts que l'on consent aujourd'hui peuvent nous apporter demain est motivant. Encore faut-il avoir la curiosité de regarder.

Lorsque je présente avec enthousiasme (et un enthousiasme vraiment débordant je vous assure !!!) tout ce que cette journée de présentation des branches peut leur apporter, je suis toujours confrontée à des regards perplexes. 

Et la même question revient TOUJOURS : "madame, est-ce qu'on est obligé de venir ?"

Je leur réponds que oui, que c'est "pour leur bien" (gloups).

Mais le jour dit, il y en a toujours qui ne viennent pas…

Pourquoi ?

Voici leurs réponses :

– Je savais déjà quelle branche je voulais faire.

– J'ai oublié (je l'aime bien celle-là).

– Je voyais pas l'intérêt de venir…

– J'ai vu des copains à la place (véridique !)

– J'avais pas envie…

Il est certain que beaucoup d'étudiants sont venus parce que le responsable a dit que c'était obligatoire.

Et là, les étudiants qui étaient venus ont partagé leur expérience d'une manière qui m'a remonté le moral :

– Et bien moi, si on ne m'avait pas dit que c'était obligatoire, je ne serais pas venu je le reconnais. Mais finalement, j'ai appris beaucoup de choses et je ne regrette absolument pas.

– Moi je pensais que je voulais faire la branche "système mécanique", mais j'ai découvert la branche "système industriel" et maintenant j'hésite entre les deux.

– Les deux branches en informatique ne correspondent pas du tout à ce que j'imaginais. Les stages qui ont été présentés ne me plaisent pas du tout. Du coup, maintenant je ne sais plus ce que je veux faire…

– Le semestre d'études à l'étranger a l'air génial, surtout celui de l'étudiant qui est allé au Danemark.

– Etc.

 

Faites des choix en connaissance de cause

Comment savoir ce qui vous intéresse si vous n'allez pas à la recherche des informations ?

Comment découvrir ce qui vous tient à coeur si vous ne vous arrêtez jamais pour vous poser la question ?

Comment donner du sens aux efforts que vous devez parfois (souvent ?) consentir si vous ne savez pas ce à quoi ils vous permettront d'accéder ?

Passer une journée de loisirs ou faire l'effort de venir découvrir ce que leur formation a à leur offrir ? C'était finalement le choix que je proposais aux étudiants.

 

Lorsque l'objectif a du sens, travailler à l'atteindre devient primordial et exaltant. 

Mais comment découvrir ce qui nous fait vibrer si l'on se concentre exclusivement sur ce qui nous distrait ?

Attention, se distraire est indispensable ! Mais prendre le risque de donnez du sens à ce qui constitue pour soi des contraintes l'est tout autant !

 

 

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