Accompagner un processus d’orientation grâce au CGP et à l’analyse de la personnalité professionnelle

Je vous ai présenté dans un autre article la notion de "personnalité professionnelle" définie par Robert Jourda et ses collègues de l'Institut de la vocation (cliquez ici pour le découvrir). 

Mais comment accompagner des jeunes dans leur orientation en s'appuyant sur cet outil ? C'est à cette question que l'auteur s'attache à répondre dans ce deuxième ouvrage (La personnalité professionnelle, Tome 2).

La situation de travail a un effet mobilisateur spécifique de certaines composantes de la personnalité générale. Pour un jeune, l'éducation est achevée et réussie lorsqu'il a découvert une raison de vivre suffisante pour se projeter dans l'avenir et qu'il pense qu'il y a une place dans la société pour sa singularité.

Dans le cadre d'une consultation, le praticien CGP ("Centre de Gravité Professionnelle") a pour visée d'aider la personne qu'il accompagne à déterminer elle-même l'orientation qui lui correspond. La connaissance de soi qui découle des entretiens permet à la fois de mieux comprendre les écueils rencontrés dans le cadre de la vie scolaire et les difficultés actuelles concernant l'engagement du processus d'orientation. Elle donne également des pistes concrètes pour envisager les voies pertinentes à explorer.

Le premier entretien porte sur les sujets suivants :

– La fratrie: que font les frères et soeurs et quels sont leurs rôles respectifs dans la fratrie ? Comment se situe la personne accompagnée vis-à-vis d'eux ? Comment les parents se situent vis-à-vis de chacun de leurs enfants ?

– Le cursus scolaire : quels souvenirs le jeune a-t-il de la maternelle, du primaire, du collège et du lycée ? Aimait-il ou non l'école ? Obtenait-il ou non de bons résultats ?

– L'implication parentale : quel serait le métier qu'ils envisageraient pour leur enfant ? Quel est le métier de chacun des parents ? Quelles qualités ou aptitudes les parents ont-ils décelé chez leur enfant ? 

Il est ensuite demandé au jeune de renseigner le questionnaire suivant :

1- Indiquez les matières scolaires que vous avez aimées, quelles que soient les notes obtenues, et dites pourquoi.

2- Enumérez vos occupations extrascolaires de ces trois dernières années (distractions, jeux, sports, détente…). Pour celles qui vous tiennent le plus à coeur, dites ce qu'elles vous apportent.

3- Vous souvenez-vous de circonstances où vous avez dû vous cramponner, prendre sur vous, vous mobiliser pour faire face à une situation qui était physiquement ou psychiquement difficile pour vous, compte tenu de votre âge et de votre degré de maturité ou de prépararion à l'évènement ? Citez au moins un de ces souvenirs et dites ce que vous avez fait, subi et ressenti. 

4- Avez-vous, ne serait-ce qu'une fois dans votre vie, eu envie d'un métier, réel ou imaginaire ? Si oui, lesquels ? A quel âge y avez-vous pensé ?

5- Portrait chinois du métier qui vous correspondrait : s'il s'agissait d'une citation ou d'un proverbe ? D'un évènement historique ? D'un personnage historique ? Quels seraient-ils ?

6- Maintenant, expliquez de quelle nature est votre difficulté. Quelles contraintes pèsent sur vous ? Quels risques ressentez-vous ? Quelles lumières vous seraient utiles ?

7- Comment vivez-vous les relations avec vos parents concernant cette question de l'orientation ?

 

Le test CGP que le jeune passe ensuite éclaire les réponses données à la lumière de la personnalité professionnelle qu'elle permet de mettre en évidence. 

 

Il existe des tests d'orientation qui débouchent sur une liste de métiers. Cette approche, si elle peut paraître utile, contient néanmoins un écueil : elle part du principe que le désarroi d'un jeune concernant son orientation serait essentiellement dû à sa méconnaissance des métiers existants qui correspondraient à ses possibilités.

La pratique de l'analyse CGP a permis à l'auteur de démentir formellement ce constat. Le désarroi n'est jamais résolu par l'énoncé des métiers possibles. Même quand elle est fermement argumentée, la préconisation d'un métier a besoin de temps pour faire son chemin. Il faut parfois des années pour emporter la conviction. Il est donc essentiel d'éclairer convenablement ce qu'est, lorsqu'elle est faite, une préconisation de métier, d'autant que celle-ci sera amenée à changer au cours du temps, du fait du contexte qui ne cesse d'évoluer :

  • Les métiers changent.
  • On prend ce qu'on trouve une fois diplômé, même si cela ne correspond pas exactement à ses aspirations. Rares sont ceux qui entrent de plein-pied et immédiatement dans les fonctions qui leur conviennent idéalement.
  • L'accomplissement socio-professionnel est un procressus.
  • Il n'y a pas d'automatisme diplôme-emploi.
  • La culture est bien souvent plus importante que les connaissances.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la personnalité professionnelle ou que vous souhaitez bénéficier d'un accompagnement basé sur cette approche, rendez-vous sur le site de l'Institut de la vocation (cliquez sur le lien).

 

7 thoughts on “Accompagner un processus d’orientation grâce au CGP et à l’analyse de la personnalité professionnelle”

  1. Bonjour,

    Interroger le jeune sur son parcours scolaire est certes important, mais l'essentiel est peut-être ailleurs. Car de nombreuses matières n'ont jamais été étudiées par le lycéen (le droit est un exemple classique), et il est justement intéressant de sortir du carcan de l'Education Nationale pour le faire rêver à des métiers ou des secteurs d'activités.

    Il est évident que le jeune aura le temps de nuancer et affiner son parcours au fil des années. Mais la découverte du monde professionnel en phase avec ses aspirations profondes (grâce à des tests notamment) réussit à mettre en mouvement de nombreux jeunes complètement passifs dans leurs études.

    Merci en tout cas pour vos papiers, toujours passionnants.

    Annie Daburon

    consultante en orientation scolaire

     

    1. Bonjour,

      Je vous remercie beaucoup pour votre partage d’expérience et vos réflexions.

      Partir à la découverte de son environnement, faire des recherches et multiplier les expériences est assurément une voie nécessaire pour celui qui cherche à définir qui il est et où il souhaite aller.

      Vous semblez bien maîtriser votre sujet. Quels sont les tests que vous utilisez ?

      A bientôt,

      Hélène

      1. Bonjour,

        En fait, c'est la conjonction de plusieurs tests, très différents, qui permet de bien comprendre ce qui a du sens pour le jeune, dans la vie ou dans les études.

        Les tests classiques que j'utilise sont notamment ceux des Intelligences Multiples et le Riasec. Mais d'autres, moins connus (sauf dans le continent nord américain!) sont importants aussi: le test de créativité, le test de personnalité (lié au MBTI), le test de motivation, le test sur le type de mémoire.

        Avec tous les résultats, qui se recoupent bien, tout en apportant des nuances construstives, le jeune acquiert des certitudes sur ses points forts, ses potentiels, ses domaines de prédilection, et ose – enfin ! – se lance dans des choix concrets.

        Bonne journée !

        Annie Daburon

        1. Bonjour,

          Cela a l’air très intéressant : mieux se connaître, gagner en confiance en soi et passer à l’action.

          Merci,

          Hélène

  2. Bonjour,

    Je trouve intéressant que le test soit fait après un premier entretien. D’après moi, cela permet d’aller plus loin dans le processus et ne pas être biaisé par une analyse sans avoir rencontré le jeune au préalable. Je trouve cela aussi important d’impliquer les parents. Non pas pour trouver une orientation qui fasse plaisir aux parents mais pour mieux comprendre le contexte, et pour permettre dans certains cas de créer des déblocages. Et comme il l’a été bien dit, il faut aller bien au-delà du parcours scolaire.

    Je vous remercie pour votre article.

    Tony Laurino

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