La compétence « apprendre à apprendre » au top de la pyramide des apprentissages

J'ai eu l'immense plaisir cette année de rencontrer Hélène Bourgeois, formatrice en pédagogies actives et facilitatrice. Je trouve son parcours et ses expériences tellement passionnants et inspirants que je lui ai demandé d'écrire un article pour ce blog. Surtout, allez faire un tour sur son site HBfacilitation.com et lisez en priorité sa présentation, dans laquelle elle raconte son histoire.

 

 


A l’occasion d’un jogging, toujours un moment de méditation pour moi, je prenais du recul sur mes derniers apprentissages, ceux qui avaient été difficiles…

J’ai toujours donné en exemple les langues pour lesquelles, je ne manifestais aucun talent à l’école et qui constituent aujourd’hui une des pièces maitresses de mon activité de formatrice.

Mon histoire : à l’école, j’étais convaincue que j’étais incapable d’apprendre une langue et après avoir vécu un an en Italie à enseigner le français, je me suis rendue compte que 1) tout le monde était capable d’apprendre une langue étrangère mais que 2) chacun avait besoin de méthodes différentes pour y arriver. Appliquée à mon parcours, cette expérience m’a permis d’accepter que j’étais capable d’apprendre une langue étrangère et de m’engager pour une évolution des méthodes d’apprentissage afin que chacun y trouve son compte. Aujourd’hui je parle couramment l’italien, l’espagnol et l’anglais.

J’avais mis le doigt dans l’engrenage de la réflexion pédagogique…

 

 

Dans cet article, je brosserais les tableaux de notre éducation actuelle créée sur la valeur talent et celui de l’école qui me fait rêver fondée sur le développement de la compétence « apprendre à apprendre » et la résilience des apprenants.

 

  1. Notre éducation actuelle

 

Combien de fois ais-je entendu : « Je ne sais pas dessiner », « Je suis nulle en math », « Je suis littéraire » ou même « je n’ai pas d’imagination. ». Ces phrases qui bercent notre quotidien et qui nous ont été répétées à l’école, s’appellent des « croyances limitantes ». C’est à dire qu’elles ne sont pas vraies mais que nous sommes convaincus du contraire et qu’elles nous empêchent de nous développer dans le sens que nous voulons.

 

Pour revenir au jogging qui m’a amené à l’écriture de cet article, je me disais que la course avait vraiment été un défi difficile. Me mettre à courir alors que j’avais l’impression de ne pas avoir un corps d’athlète, quel drôle d’idée ! Je détestais d’ailleurs l’athlétisme à l’école. J’y suis venue petit à petit parce que c’est un sport extrêmement pratique et que j’aime la nature, qu’il me permet de découvrir de nouveau sentier et de méditer à ma manière.

 

Alors comment j’ai fait ? Comment ais-je pu dépasser la croyance limitante de mon incapacité à courir ?

 

  • J’ai travaillé sur ma confiance en moi
  • J’ai appris à apprendre
  • J’ai développé ma résilience
  • Je me suis lancée

 

Tout ça paraît peut-être bien théorique mais c’est une recette magique pour ne plus être dépendant de ses talents mais être acteur de ses rêves. C’est aussi la recette que j’ai utilisé pour apprendre les langues, il n’y a pas d’ordre prédéfini. Dans mon cas « Je me suis lancée » précède souvent les autres.

 

Aujourd’hui, je rencontre beaucoup de bons élèves qui me confient avoir manqué de sens dans leurs études, s’être demandé après avoir fini une école de commerce par exemple « qu’est ce que je fais là ? ». Quel malheur d’avoir eu du talent à l’école, le chemin tout tracé d’être bon en math. Parce qu’une croyance limitante peut aussi être positive. « Je suis scientifique », tout un parcours de lycée en S puis en prépa et une école d’ingénieur à la clef. Quand on demande aux adolescents ce qu’ils veulent faire dans la vie, on les invite au réalisme en fonction de leur talent, de ce pour quoi ils sont bons. Mais si l’école était capable d’apprendre aux jeunes comment apprendre, pensez vous qu’ils y auraient autant de croyances limitantes sur nos talents ou tares ?

 

Parce que si je suis convaincue que je ne sais pas chanter, je vais éviter toute opportunité de chanter et donc de m’améliorer, je risquerais d’échouer ou même pire d’être ridicule. Le cercle vicieux se referme si on a scrupuleusement évité toute occasion de chanter, notre compétence savoir-faire « chanter » ne sera forcément pas développée. La prophétie s’est réalisée.

 

  1. L’école de mes rêves

 

  • Tout commence par le choix. Les enfants ont tous un potentiel de curiosité naturelle extrêmement développé, à la fois fascinant et parfois un petit peu exaspérant : « Pourquoi le ciel est bleu ? » et « Pourquoi tu as fais ça alors que hier tu avais dis ça ? »…

 

Laisser les enfants libres de faire leurs propres expériences et de décider ce qu’ils veulent découvrir exige une confiance absolue en cette curiosité naturelle. Développer leur capacité de choix, c’est les laisser explorer les différents outils, ressources de l’espace pour satisfaire leur soif de savoir mais aussi de jeu et de créer du lien avec les autres.

Les laisser choisir c’est s’abstenir de juger leurs créations et leurs apprentissages. C’est donc remplacer les « Très joli dessin », « Très bon travail » ou « Peu mieux faire » par des questions pour accompagner l’apprenant à se positionner. « Comment as-tu fais ça ? » « Comment tu t’es sentis quand tu faisais ça » ? ou en amont : « qu’est ce que tu as envie de faire ? »

 

  • Accompagner les élèves à apprendre à apprendre car chacun est le meilleur juge de ce qui est bon pour lui/ elle. Impossible pour un maitre/esse d’imposer une méthode unique qui ennuierait certains et en perdrait d’autres. Impossible aussi d’enseigner toutes les méthodes possibles pour aborder un problème afin d’espérer que chacun y trouve son compte, on perdrai des heures.

 

La méthode la plus efficace est donc d’encourager l’enfant à savoir comment il apprend le mieux. Est ce que c’est en parlant, en touchant, en écoutant, en regardant ? Est ce que partager l’information avec un camarade l’aide à se concentrer et à stimuler sa mémoire ? Est ce qu’un dessin est plus explicite qu’un texte ou qu’une vidéo ? A chaque enfant de comprendre ce qui marche pour lui/ elle et de le mettre en œuvre pour apprendre ce qu’il/elle a décidé d’apprendre.

 

  • Encourager les élèves à se tromper parce que la peur de l’échec est un des plus grands freins à l’apprentissage. Les bébés d’un peu moins d’un an tombent environ 3500 fois avant d’apprendre à marcher. Tout le monde est d’accord qu’ils sont tous capables de marcher et que chacun à son rythme à force de chûtes, de tentatives infructueuses pour trouver l’équilibre, arrivera à aligner quelques pas. Apprendre la résilience, c’est accepter que rater est un cadeau d’apprentissage, une information clef sur le processus de fonctionnement.

 

Aujourd’hui, j’entends beaucoup parler de développer la résilience des élèves mais ce processus ne peut pas se réaliser sans une valorisation de l’échec et la suppression des jugements qu’ils soient « positifs » ou « négatifs ». Pour pouvoir être déterminé et ne pas se laisser emporter par les ratages, il faut déjà avoir vécu un échec et savoir en tirer tous les profits en terme d’apprentissage.

 

A vous de jouer maintenant, réfléchissez aux talents que vous aviez à l’école et aux matières pour lesquelles vous vous considériez mauvais. Y a t-il une différence par rapport aux compétences clefs que vous développez aujourd’hui dans le domaine professionnel ou même personnel ? Si oui, comment avez-vous fait pour dépasser vos croyances limitantes ? Quelle est votre recette personnelle d’apprentissage ? Je vous encourage à commenter cet article pour répondre à ce dernier paragraphe et partager toutes vos clefs sur l’apprentissage et le dépassement des croyances limitantes.

 

Hélène Bourgeois

Pour découvrir d’autres articles et mes propositions de formation : HBfacilitation.com

 

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