Faut-il nécessairement faire des fiches de révision pour réussir ses examens ?

Beaucoup d’étudiants ne font pas de fiche de révision. Certains estiment que cela prend trop de temps, d’autres pensent que cela n’est pas nécessaire, d’autres encore ne perçoivent pas quelle serait leur valeur ajoutée.

Que font alors ces étudiants lorsqu’ils apprennent leurs cours ou qu’ils révisent en prévision de leurs examens ?

Ils font et refont des exercices, relisent leurs notes et mémorisent les informations qu’ils jugent indispensables à connaître.

Plus de la moitié des étudiants que j’accompagne en école d’ingénieur m'explique d’ailleurs faire tous exactement la même chose : s’entraîner à refaire des exercices qu’ils ont déjà faits (en cours ou en TD). 

 

Est-ce que cette stratégie fonctionne ?

Oui pour certains, non pour d'autres. C'est d'ailleurs ce qui est le plus frustrant.

Les stratégies de travail des étudiants semblent a priori être les mêmes, et pourtant, les résultats obtenus varient considérablement. 

Ce serait en effet beaucoup plus simple si le bilan était tranché : les étudiants qui feraient des fiches de révision réussiraient et pas les autres. Il conviendrait alors de faire des fiches pour réussir. CQFD.

Et bien non. Non seulement celui qui ne fait pas de fiche peut tout à fait très bien réussir, mais en plus, faire des fiches n'est absolument pas une garantie de réussite.

Je me suis alors demandé ce qui faisait la différence.

J'ai deux étudiants en face de moi. Les deux révisent leurs examens en refaisant des exercices de TD. Le premier obtient une excellente note à l'examen. Le deuxième échoue. En apparence, ils font tous les deux la même chose. Mais en apparence seulement. Qu'est-ce qui fait alors la différence entre eux ?

 

L'important n'est pas ce que vous faites, mais ce qui se passe dans votre tête 

Traditionnellement, un étudiant cherche à atteindre les objectifs suivants :

– lorsqu'il apprend son cours, il cherche à le comprendre.

– lorsqu'il révise, il cherche à mémoriser les informations qui lui seront utiles au moment de l'examen.

– lorsqu'il compose pendant l'épreuve, il cherche à réfléchir efficacement, et donc à re-trouver les informations utiles qu'il a en mémoire pour les appliquer au problème qui lui est soumis.

 

Comprendre un contenu suppose que vous vous posiez des questions et que vous cherchiez à y répondre, et que vous fassiez des liens entre les informations que vous devez vous approprier.

Mémoriser suppose que vous anticipiez l'usage concret que vous allez faire des informations dont vous avez le projet de vous souvenir, et que vous exploitiez les différents principes de la mémoire pour les stocker efficacement.

Réfléchir suppose que vous ayez structuré vos connaissances de manière claire et organisée dans votre tête, et que vous ayez une vue d'ensemble des informations à votre disposition afin de sélectionner rapidement et avec efficience les outils et données utiles dans le cadre d'une situation de résolution de problème.

 

Pourquoi certains étudiants n'ont-ils pas besoin de faire de fiche de révision pour réussir leurs examens ?

Ces différentes opérations mentales (comprendre, mémoriser, réfléchir), certains étudiants les réalisent spontanément lorsqu'ils apprennent. 

Lorsqu'ils écoutent l'enseignant pendant un cours (ou qu'ils reprennent leurs notes après-coup), ils se posent des questions pour mettre les informations en lien les unes avec les autres. Ils anticipent également d'emblée l'usage concret qu'ils pourront en faire.

Lorsqu'ils font un exercice, ils ne s'attachent pas à mémoriser les réponses, mais à cerner les étapes logiques de résolution du problème général dont l'exercice n'est en fait qu'un exemple parmi d'autres.

Lorsqu'ils sont en examen, ils ont pris du recul vis-à-vis du contenu du cours, qu'ils ont structuré et organisé dans leur tête. Du coup, ils peuvent sereinement faire des liens entre les questions posées et les connaissances qu'ils maîtrisent.

 

Vous devez donc vous poser la question suivante : faites-vous spontanément ce travail de questionnement, de mise en lien et de structuration lorsque vous apprenez ?

Si vous le faites, élaborer des fiches de révision pourra vous apparaître inutile.

Si vous ne le faites pas, une bonne technique pourra vous aider à comprendre, mémoriser et réfléchir plus efficacement.

 

Je vous propose déjà une démarche pour élaborer des fiches de révision dans cet article. Mais je me doute bien qu'elle ne doit pas répondre à toutes les questions ou difficultés qui se posent à vous. 

Dans cet autre article, je vous propose une démarche pour vous aider à réaliser des fiches de révision qui vous soient vraiment utiles.

 

5 thoughts on “Faut-il nécessairement faire des fiches de révision pour réussir ses examens ?”

  1. Bonjour,

    Avec le recul que j'ai aujourd'hui du monde du travail, j'aime bien une approche un peu différente : j'essayais d'identifier à partir des exercices, examens précédents, cours, discussions les objectifs de l'enseignement. Une fois fait, je savais quelle était la marge de progression et les points sur lesquels il fallait que je passe du temps. A partir de ces deux points, je pouvais me construire mon "entrainement" pour répondre le plus efficacement possible à l'exigence demandée par l'examen de fin d'année. Avec cette approche, j'arrivais assez facilement à transposer des méthodes d'une discipline dans une autre pour trouver, des fois, une résolution originale et potentiellement plus efficace que celle vue en cours. Aujourd'hui, près de 3 ans après l'obtention de mon diplôme, les enseignements que j'ai travaillés m'apparaissent plus comme une boite à outils que je peux utiliser dans mon métier. Lorsque je compare avec mes collègues, je remarque que j'ai souvent retenu beaucoup plus efficacement les enseignements que j'ai suivi qu'eux et suis capable d'appliquer les résultats appris plusieurs années plus tôt sans avoir à les réapprendre depuis 0.

    C'est une approche que j'ai gardée aujourd'hui pour préparer une mission clientelle ou tout autre travail qui peut m'être demandé. Par ailleurs, j'arrive ainsi à m'intéresser à des apprentissages qui peuvent sembler rébarbatifs et inintéressants au premier abord, simplement parce que je me projette vers l'avenir et essaye de prendre du recul pour savoir à quoi va me servir ce que j'apprendrai.

    Quelque part, ça revient un peu à estimer le coût et le gain chaque apprentissage afin d'établir une stratégie de développement personnel relative à mes projets actuels et futurs en fonction de leur priorité.

    1.  
       

      Bonjour,

      Je trouve votre approche très intéressante : « quel est l’objectif de l »enseignement ? » (beaucoup d’enseignants dans mon entourage seraient tellement heureux que davantage d’étudiants se posent cette question…plutôt que « comment emprunter la voie la plus courte pour obtenir 10/20 à l’examen ? »). Il s’agit effectivement d’une question essentielle, d’autant plus que tous les enseignants ne sont pas nécessairement très explicites concernant le sujet.

      Vous faites également le lien entre ce que l’on vous demande d’apprendre et l’usage que vous pourrez en faire. Cette projection dans l’avenir vous permet de fixer plus efficacement vos connaissances (sur le long terme) et de leur donner du sens.

      Je vous remercie beaucoup pour ce partage d’expérience,

      Hélène

       
  2. Bonjour,

    Je fais des fiches de révisions dans les matières où il y a le plus d’éléments à retenir. J’en ai fait dans toutes les CS excépté PSX1 pour laquelle ma motivation ne m’a pas convaincu d’en faire. Elles ne me servent a une seule chose : avoir un condensé de ce qu’il y a a savoir appliquer. Pour a peu près chaque notion marqué sur mes fiches (theoreme, propriété, définition, démarches…), je recherche où, comment et avec quoi je l’ai déjà utilisé. En général, le fait de faire les fiches et de les relire de cette manière me permettent de créer des liens. Après, en partiel si je rend copie blanche c’est que je ne sais pas les propriétés ou alors que je ne sais pas les appliquer (les deux pbs pouraient se résoudre en travaillant plus, surtout le premier : mémoriser plus ; l’autre c’est a la fois faire plus de liens, a la fois avoir d’autres démarches d’application non vu en cours ou en TD ; mais quand bien meme on verrais 50 démarches, c’est peut etre la 51eme qui serait en partiel : il faut accepter le fait de ne pas savoir a priori la démarche. Défois on trouve pendant le temps imparti, defois non, c’est ce qui fait partie de ce que ma prof de français de premiere appellait la maturité, grand mot que j’ai beaucoup remis en cause… au début…)

    Pour faire les fiches, il faut déjà avoir une vue globale du cours de manière a bien voir dès le début l’importance de chaque element. Il est d’ailleurs courant de mieux comprendre des notions une fois avoir abordé la suite…

    Après, il y a sans doute des choses à améliorer…

    Maxime

    1.  
       

      Bonjour Maxime,

      Vous semblez faire un usage très précis de vos fiches. Elles vous servent à :

      mémoriser les informations-clés de votre cours (mais seulement quand il y en a beaucoup),

      – et à renforcer les liens entre les outils qu’elles compilent et les usages concrets que vous avez pu en faire dans le cadre d’exercices (« à quoi ça sert ? »).

      Vous insistez également sur le fait qu’avoir une vue globale du contenu est important.

      Vous semblez enfin accepter l’idée que davantage de travail (ou de motivation) vous permettrait de comprendre, mémoriser et réfléchir encore plus efficacement…c’est sûr, mais bon, vous pouvez aussi réserver ce travail et cette implication supplémentaires aux cours et aux UV qui vous passionnent le plus. On n’est tout de même pas obligé d’être excellent partout !

      A bientôt,

      Hélène

       
      1. Bonjour,

         

        A la fois le commentaire que vous avez écrit en réponse à Bouquetf, à la fois celui que vous avez écrit en réponse à mon message, et à la fois la vidéo que vous avez posté dans votre nouvel article me laissent à penser que le système éducatif n'est pas (n'est plus ?) celui qui est "attendu" du système actuel.

        Pourquoi ?

        Pour au moins deux raisons à mon avis : d'une part, le système global a changé ; d'autre part, les étudiants ont pris conscience du rôle que le système leur fait jouer (celui d'être passif).

        Le système attendait des scientifiques, l'école lui en a fourni. Le système n'attends plus simplement des scientifiques ; si j'ai retenu une seule chose de mon UV HT05 sur l'évolution des sciences et de l'astronomie, c'est que l'évolution des sciences s'est fait d'abord part l'évolution de la conception philosophique que l'on avait des sciences. Aujourd'hui, une fois passé tout le processus de globalisation, nous entrons dans une étape de stagnation, ou la science n'avance plus, les seules avancés économiques se font via le biais d'avancés techniques et non technologiques (nous explorons tout l'étendue du savoir que nous connaissons déjà – blue-ray, miniaturisation des composants, tablettes tactiles qui est à l'ordinateur ce que le telephone portable est au téléphone fixe…). Le système veut rendre aujourd'hui "nos enfants" plus créatifs, pour aller au delà de cette étape de stagnation : pour rebondir.

        Si l'on a ouvert des établissements d'enseignements scientifiques, c'est pour permettre à des personnes d'avoir des connaissances "sans savoir s'en servir".

        Cependant, le monde a changé, la globalisation ne permet plus aux états devenus microscopiques de garder la suprématie sur l'organisation du peuple, si les états veulent survivre, il faut à tout prix qu'ils soient au dessus des autres, même si pour cela, en enseignant la créativité aux étudiants, les étudiants prennent des libertés face aux états.

        De plus, les étudiants ne souhaitent plus être simplement des pions, ne souhaitent plus simplement être spectateurs de leur univers.

        Dans ce sens, la création de l'école a été une régression, on a obligé à former des étudiants dans un domaine alors qu'ils étaient déjà performants dans un autre domaine. Les compositeurs de classiques ont souvent joué très tôt des concerts, privés ou publics, Mozart joua à 7 ans devant sa majesté la reine. 😮 Cela rejoint l'article que vous avez posté aujourd'hui. Le système, aujourd'hui, impose à un étudiant lambda d'apprendre, l'étudiant a aucun moment n'aura le moyen de communiquer avec le système : on lui répondra : "apprend, et après, éventuellement, tu parleras" (après… éventuellement…). Forcément, les étudiants en ont un peu marre, alors ils le font savoir, le système ne fonctionne plus, ils rejettent le système, tantôt c'est oui, tantôt c'est non (tantôt ils travaillent, tantôt ils jouent à des jeux vidéo comme votre commentaire le laisse entendre ; ils rejettent le système sous forme d'un renie de la société, par le jeu – le jeu est un moyen d'expression).

         

        En exemple, je prendrais mon expérience personnelle :

        Toujours, quand je découvre quelque chose, j'ai un choc, je suis étonné, et puis je prends le temps de comprendre.

        J'ai découvert l'UTT. J'ai été choqué par l'incapacité de pouvoir communiquer avec un enseignant-chercheur sur un domaine autre que celui enseigné (sauf exceptions qui confirment la règle 😉 ). J'ai été étonné. Et puis, au fur et à mesure du temps, et au fur et à mesure des connaissances que j'ai acquis sur la mise en place des établissements d'enseignements français, moins je blâme les enseignants-chercheurs et plus je blâme le système qui les a fait tels qu'ils sont.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.