5 qualités qui font échouer à l’école mais réussir dans la vie

Je trouve la thèse défendue par Faysal Hafidi dans cette vidéo à la fois très discutable et très intéressante.

Si vous connaissez le propos de Ken Robinson dont je vous ai proposé l'enregistrement vidéo dans cet article : l'école tue-t-elle la créativité ? …je pense que vous trouverez ici des arguments et des exemples qui constituent un bon complément pour alimenter le débat.

 

 

 

Qu'en pensez-vous ? 

S'intéresser à tout à l'école est-il nécessairement le signe d'une absence de passion ?

Se révéler performant dans toutes les matières (ou chercher à l'être) est-il le signe que l'on se complairait à rentrer dans le moule ? L'école ne ferait-elle que récompenser la norme ?

La curiosité est-elle nécessairement accueillie de manière négative par les enseignants ? Ceux-ci ont-ils toujours le souci (ou la frilosité) de s'accrocher à leurs acquis et connaissances académiquement validées pour contrer les velléités d'élèves ou d'étudiants qui viendraient remettre en question de manière un peu trop véhémente ce qu'ils ont pour mission de transmettre ?

Développer ses propres idées serait-il malvenu dans le système scolaire actuel ? C'est l'expérience que semble vivre à la fois Mohammed en études d'économie (voir l'article "A tous les étudiants qui préfèrent apprendre à réfléchir par eux-mêmes plutôt qu'à répéter ce que dit le prof") et Aurélien Pierre en études de sciences (voir l'article "Les études de sciences, entre plaisir et désillusion")…

Une autre question concerne les "objectifs". Nombreux sont les élèves et les étudiants qui questionnent l'intérêt de telle matière ou l'utilité de telle discipline. Quel est l'objectif de l'enseignement dispensé ? En tant qu'enseignante, je me retrouve souvent ennuyée… Je sais que beaucoup de mes collègues bottent en touche : vous verrez plus tard, vous ne savez pas encore aujourd'hui ce qui pourra vous servir dans 10 ans, et votre curiosité alors !!?

Et pourtant… 

Pour ma part, ce n'est pas tant la question de l'utilité qui me préoccupe (après tout, la notion même d'utilité est tellement discutable), mais plutôt de savoir comment "donner du sens" à l'enseignement que je dispense. Et je travaille également à accepter que certains de mes étudiants ne se sentent absolument pas concernés par ce que je leur raconte : peut-être repenseront-ils à ce que nous avons fait ensemble plus tard, ou peut-être jamais… je les invite néanmoins à approfondir ce qui les rebute, ne les intéresse pas, les ennuie, etc. Cela permet également de mieux se connaître soi-même, et cela me permet à moi d'approfondir et discuter le sens que je souhaite donner à mon contenu.

Les personnes les plus créatives sont-elles nécessairement "hors normes" ? L'innovation passe-t-elle par la transgression des codes ?

Et finalement, comment l'école, l'université et les grandes écoles apprennent-elles aux élèves et aux étudiants à déterminer quelles sont leurs passions, leurs valeurs et leurs compétences afin de s'appuyer dessus pour grandir ? Comment les conduisent-elles à développer leur curiosité et à entretenir leurs passions ?

4 thoughts on “5 qualités qui font échouer à l’école mais réussir dans la vie”

  1. C'est une critique un peu virulente, car cela ne dépend pas uniquement de l'école.… Il fait une critique de l'école comme quoi les premiers de la classe ne sont pas forcément les meilleurs à l'école de la vie. L'école empêcherait d'exprimer 5 qualités : la passion, la curiosité, avoir des objectifs, la créativité, et la sociabilité.

    Il me semble que l'école a des intérêts pour travailler certaines qualités, comme la concentration, l'effort d'attention, la mémorisation. Cependant, je suis assez d'accord avec lui sur le fait que l'école formate la manière de pensée, une manière de voir. La preuve la plus concrète et l'étude de la philosophie, la science qui permet de s'exprimer, de penser, de voir autre chose. Les auteurs étudiés sont souvent les mêmes. En effet, nous étudions l'histoire de la philosophie, les grands textes, avec Descartes, Kant, Hegel, Marx, en tête pour former notre réflexion. Les textes qui apportent une autre façon de penser, sont rarement étudiés. Enfin, ils le sont parfois, quand la personne a déjà un master 2. Le problème est, que toute ça perception intellectuelle s'est déjà formée par ces grands auteurs. Difficile de lutter contre des arguments si fort, quand notre esprit n'est pas encore formé.

    Les professeurs sont formés eux aussi de cette manière avec des classiques dans n'importe quel domaine. Je pense qu'un professeur doit être en capacité de remettre en question son savoir, même après avoir obtenu une thèse. Ne pas se placer en tant que maître qui sait. Les cours magistraux à l'université est un exemple troublant du professeur qui sait sans remettre en question son savoir. Il balance son cours sans aucune interaction.

    Enfin, tous les professeurs ne fonctionnent pas de la même façon, c'est d'ailleurs pour cela que l'on ne peut pas catégoriser tous les professeurs. Toutefois, le système éducationnel fonctionne d'une certaine façon avec des schémas que l'on retrouve d'une manière générale.

    1. Bonjour Thomas,

      « Difficile de lutter contre des arguments si forts quand notre esprit n’est pas encore formé »

      Je trouve que vous mettez bien en évidence le conflit suivant : le système universitaire formate les étudiants en les obligeant à restituer des « savoirs » sélectionnés (toujours les mêmes, sans les remettre en question ni les discuter…) avant de les inviter à penser par eux-mêmes et développer une pensée personnelle. Mais dans le même temps, si on invitait directement les étudiants à donner leur avis, il y a fort à parier qu’ils seraient bien en peine de la faire…ou alors en « pensant le faire » tout en ne mesurant pas à quel point nos représentations sont déterminées…

      Je vous avoue qu’après trois années d’études supérieures (n’ayant appris qu’à « restituer »), problématiser mon sujet de master ne m’a pas du tout paru évident.

      On n’imagine pas à quel point développer une pensée personnelle et innovante est un travail de longue haleine.

      A bientôt,

      Hélène

  2. Bonsoir Hélène,

    J'entends bien cet argument : nous devons apprendre des théories pour construire une pensée. Qui peut réfléchir sans lire les grands textes ? Cependant, qui détermine le concept de « grand texte ». On peut dire que les grands textes sont ceux qui ont marqué l'histoire, qui ont influencé d'autres écrivains, la politique, les artistes…

    Ont-ils pour autant plus de légitimité qu'un auteur peu connu ou inconnu ? En effet, une théorie reste une théorie : elle est vrai tant que personne n'a prouvé son non-sens. Une théorie sur la vie d'un charcutier peut avoir plus de sens que celle de Kant. Certains diront que cela est absurde, Kant a travaillé toute sa vie à comprendre l'homme, il a étudié toute la philosophie de son époque, il connaît donc beaucoup mieux l'homme. En effet, il connaît les théories de Descartes, Aristote…
    Cependant, ces hommes sont-il représentatif de l'humanité ? Il y a certainement plus de charcutiers que de Kant dans mon quartier. Je ne veux absolument pas remettre en question les théories de la philosophie elles peuvent être très intéressante. Cependant l'école de l'apprentissage de la vie ne commence par à l'école. Il commence quand nous prenons conscience de l'autre, et de tout le monde.

    Dans ce sens, nous apprenons à penser depuis toujours, s'inspirer de chaque être humain c'est ça apprendre à penser par soi-même. Essayer de chercher le petit truc, le petit plus dans chaque personne. Évidement, on peut se tromper, on doit d'ailleurs se planter ! Prendre conscience de ses erreurs voilà un début de réflexion ! Je me trompe alors je suis !

    Vous savez, j'ai connu une personne en master 2 de philosophie. Cette personne n' a aucune éthique aucun respect de l'autre. Il a une bien trop haute estime de lui-même, alors désolé pour moi ce n'est pas cela penser. Cela reste de la masturbation intellectuelle rien de plus.

    à bientôt.

    1. Bonjour Thomas,

      Je vois que vous êtes engagé dans de grands questionnements.

      Il me semble que vous parlez de deux choses différentes cependant :

      – Si vous souhaitez faire de la recherche en philosophie et problématiser des questions afférentes à ce champ, il m’apparaît incontournable de vous familiariser avec les approches, réflexions, théories, questionnements, etc. des personnes qui appartiennent à ce champ et qui ont effectivement passé des années de leur vie, elles aussi, à problématiser, remettre en question et construire leur propre pensée. Sinon, ne pensez-vous pas que ce serait un peu comme si vous prétendiez devenir boucher et dire aux bouchers comment travailler sans en avoir jamais rencontrés, sans avoir jamais observé comment ils travaillent, ni même échangé avec eux pour comprendre leur profession ?

      – Il est parfaitement possible d’être un excellent philosophe (développer un pensée originale, donner du sens au réel, écrire des articles et des livres qui aident à penser…) et être en même temps une personne imbuvable, n’avoir aucun ami et rester cloîtré chez soi 24h/24h. Les plus grands génies ne sont pas nécessairement les personnes les plus épanouies. 

      Si vous souhaitez réfléchir (vraiment), faire de la recherche, développer une pensée personnelle et remettre en question vos représentations, alors oui, cela va vous demander du temps et beaucoup de travail. Cela va également vous demander d’échanger avec d’autres qui ont ou ont eu ce même projet. Ces « autres », vous pouvez les rencontrer dans les livres ou en direct (vos enseignants, d’autres étudiants…). Est-ce que mener ce travail fera de vous une meilleure personne ? Peut-être. Mais cela ne me semble pas être le but recherché.

      Si ce que vous souhaitez, c’est développer votre sens de l’éthique, mieux communiquer, être en harmonie avec les autres et leur donner envie de s’épanouir dans le respect d’autrui, alors une démarche de développement personnel me semble beaucoup plus indiquée.

      Faut-il opposer recherche universitaire et développement personnel ?

      Il me semble que l’on peut regretter que les diplômes et la reconnaissance scolaire soient plus valorisés socialement que les valeurs de respect, d’écoute ou d’éthique…

      Mais dans la vidéo proposée dans cet article, l’auteur semble tirer la conclusion que « dans la vie », les valeurs qui semblent vous importer vous conduiront bien mieux où vous souhaitez qu’un diplôme…à voir et discuter…

      A bientôt,

      Hélène

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