Se souvenir de tout : mode d’emploi (partie 9)

Cette série d'articles correspond à mon résumé du livre de Joshua Foer intitulé "Aventures au coeur de la mémoire", publié aux éditions Robert Laffont en 2012.

Pour commencer par la partie 1 : c'est ici.

21- Dépasser le « palier satisfaisant »

Afin de progresser, Joshua Foer doit surmonter sa tendance naturelle à la flemmardise et multiplier les exercices.

Au bout de plusieurs mois d’entraînement, et malgré sa motivation, il se trouve cependant dans une impasse : après avoir régulièrement progressé pendant des semaines, il semble tout d’un coup avoir atteint un niveau qu’il ne semble pas en mesure de dépasser.

Il se tourne alors vers l’expert des experts, Ericsson, pour lui demander conseil.
« Je vous recommande de lire quelques articles sur la dactylographie » lui répond celui-ci.

Celui qui commence à apprendre la dactylographie progresse en général très vite les premiers temps.

D’abord il commence à taper avec ses deux index, lentement et avec hésitation, puis il utilise tous les doigts et bientôt, le processus de la frappe semble automatique.

Il a alors atteint un palier qu’il ne quittera plus, et ce malgré une pratique régulière.

Mais pourquoi ne continue-t-il pas de s’améliorer alors qu’il pratique tous les jours ?

Dans les années 60, deux psychologues, Paul Fitts et Michael Posner décrirent les trois phases par lesquelles nous passons tous lorsque nous acquérons une nouvelle aptitude :page20image24352

  • –  La « phase cognitive » : intellectualisation de la tâche.

  • –  La « phase associative » : nous nous concentrons moins, faisons moins d’erreurs importantes et gagnons en efficacité.

  • –  La « phase autonome » : nous considérons que nous sommes aussi bons que nous avons besoin de l’être et nous nous mettons alors en pilote automatique.

     

Nous cessons dans la dernière phase de contrôler consciemment nos actions.

A mesure que notre aptitude s’automatise, les zones du cerveau impliquées dans le raisonnement conscient deviennent moins actives et d’autres zones prennent le relais (comme lorsque nous apprenons à conduire ou que nous pratiquons un sport pour le plaisir).

Nous avons atteint notre « palier satisfaisant ».

Autrefois, les psychologues pensaient que les paliers satisfaisants correspondaient aux limites supérieures des capacités humaines.

Or, il n’y a aucune fatalité de ce genre pour celui qui continue à fournir des efforts réfléchis.
A la différence des amateurs, les experts pratiquent leur activité de manière toujours très

concentrée, sans jamais perdre de vue leurs objectifs.

Ils mettent en place des stratégies qui leur permettent consciemment de ne pas passer à la phase autonome :

  • –  Ils se concentrent sur la technique ;

  • –  Ils ne pensent qu’au résultat à atteindre ;

  • –  Leur entourage leur fournit des commentaires immédiats sur leurs performances.

     

Bref, ils s’obligent à rester dans la phase cognitive.

Le nombre d’années de pratique n’est ainsi que peu corrélé au niveau de performance.

Nous ne progressons pas si nous ne décidons pas de surveiller nos résultats et de les analyser, d’y réagir et de penser à de nouvelles stratégies.

Pour progresser, il faut se regarder faire des erreurs et en tirer des leçons.

Il faut s’obliger à tenter d’atteindre des objectifs plus élevés en s’autorisant une marge d’erreur. Vous comprenez ainsi les obstacles qui vous freinent, vous les surmontez et vous réussissez à vous améliorer encore.

On pourrait penser que depuis le temps, certains records devraient signer la limite humaine à réaliser certaines choses, en sport notamment. Pourtant, chaque record est régulièrement pulvérisé.

Au championnat du monde de mémorisation, une bonne moitié des records tombe chaque année.

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