Les procédés mnémotechniques (et les mind maps) appliqués aux cours de mathématiques

"Les mind maps, c'est bien sympa, mais appliqué aux mathématiques, il faut se rendre à l'évidence, ça ne fonctionne pas…"

Quand vous vous risquez à poser une question directe à vos étudiants, il faut reconnaître qu'ils vous répondent sans détour. L'année dernière, quand je me suis donné comme objectif de les accompagner dans l'acquisition de méthodes de travail efficaces pour mieux comprendre et mémoriser leurs cours (en école d'ingénieur), ils n'ont pas été longs à me renvoyer que les méthodes que je leur proposais n'étaient pas adaptées aux difficultés qu'ils rencontraient.

Et pourtant…

La première difficulté que les étudiants rencontrent, de leur propre aveu, ce n'est ni le fait de ne pas comprendre, ni celui de ne pas mémoriser suffisamment efficacement. Non, leur premier problème, c'est la flemme de se mettre au boulot. C'est ne pas être véritablement engagé dans leur formation. C'est de ne pas avoir d'idée claire des débouchés professionnels auxquels cette formation va leur permettre de prétendre. C'est encore d'avoir du mal à concilier leur travail scolaire avec tout ce que la vie étudiante a à offrir…

Pourquoi travailler ?

Pourquoi mémoriser toutes ces informations ?

Pourquoi vouloir ce diplôme, suivre cette formation, faire des efforts ?

 

Parfois, le fait d'obtenir de bons résultats aux examens (et donc d'avoir une méthode de travail qui a priori fonctionne) est une source de motivation. Ils "réussissent" et cela leur donne envie de travailler.

Parfois, c'est le fait de réussir sans se poser de question qui les amène à passer à côté de l'essentiel : que veulent-ils vraiment ? Quelle vie ont-ils envie d'avoir ? Quels moyens sont-ils prêts à se donner ?

 

"Si je suis prêt à me donner les moyens, quelle méthode de travail va pouvoir m'aider à réussir ?"

Avant les vacances de noël, j'ai rencontré un étudiant qui se trouvait être "le dos au mur".

Il lui restait un mois (et les examens de la fin du semestre) pour prouver à l'équipe enseignante qu'il méritait sa place dans l'école. 

Cela faisait en effet cinq semestres qu'il ratait régulièrement des UV, que le jury lui octroyait des "dernières chances" et qu'il ne les saisissait pas. Cette fois-ci, les choses étaient claires : soit il réussissait ses deux UV scientifiques, soit il était mis à la porte (gloups).

Il est donc venu me voir pour que nous réfléchissions ensemble à un "plan d'action".

Nous avons tout d'abord fait le point sur ses objectifs et le temps dont il disposait pour les atteindre (voir l'article Planifier vos révisions).

Ses préoccupations étaient ensuite les suivantes : 

– Comment comprendre et mémoriser efficacement les informations dans le cadre des matières scientifiques ? 

– Comment appréhender des notions abstraites pour les rendre mémorables ?

 

Nous avons alors déterminé les objectifs qu'il devait poursuivre pour mieux comprendre et mémoriser ses cours (en particulier son cours de "probabilités" qui lui donnait du fil à retordre et pour lequel il avait obtenu un 5/20 au premier partiel) :

1- Avoir une vue d'ensemble du programme à appréhender (vous pouvez vous appuyer pour ce faire sur "la méthode fonctionnelle d'apprentissage" de Tony Buzan)

2- Donner du sens aux informations (en vous appuyant sur votre profil pédagogique)

3- Organiser les informations et exploiter au mieux votre mémoire visuelle (pour vous convaincre qu'il s'agit d'une ressource que vous avez tout intérêt à exploiter, vous pouvez même vous tester)

4- Synthétiser les informations pour favoriser les réactivations de votre contenu (pour exploiter au mieux vos séquences de travail, vous pouvez utiliser la technique pomodoro)

 

Comment structurer concrètement vos séances de travail pour mettre en oeuvre tous ces objectifs ?

Première question : faites-vous des fiches de révision ? Si vous n'en faites pas, laissez-moi essayer de vous convaincre qu'en faire pourrait vous être très utile : Faut-il nécessairement faire des fiches de révision pour réussir ses examens ?

Deuxième question : comment vous y prendre pour faire des fiches qui vous aident réellement à mieux comprendre et mémoriser vos cours (même en mathématiques) ?

 

Quel type de fiche privilégier en mathématiques ?

Je vous ai indiqué dans cet article trois types de fiche que vous pouvez être amené à réaliser : les fiches "contenu" (= synthèse d'un contenu), les fiches "méthode" (= démarche concrète d'utilisation d'un outil spécifique dans le cadre d'un exercice) et les fiches "problème" (= synthèse de tous les outils pouvant être utilisés en fonction d'un type de problème).

Dans le cadre des matières scientifiques, vous avez vraiment compris votre cours dès l'instant où vous êtes capable de réaliser des fiches "problème". Car cela veut dire que vous avez identifié les différentes situations dans le cadre desquelles vous devez, en fonction du programme, être capable de proposer des solutions, et de sélectionner l'outil adapté. 

Je vous ai donné dans cet article des exemples de mind maps réalisées par Floriante (une étudiant en école d'ingénieur) en mathématiques et en physiques :

5 exemples de mind maps scientifiques

 

 

 

 

Allez consulter la fiche intitulée "Cinématique" (il s'agit de la troisième…).

Dans le cadre de cette partie du cours, tous les exercices demandent de calculer la trajectoire, la vitesse et l'accélération d'un point matériel. Seulement, les formules mathématiques à utiliser varient en fonction du référentiel. La première question à se poser pour l'étudiant lorsqu'il est confronté à un exercice est alors la suivante : sommes-nous dans un système de coordonnées cartésiennes, curvilignes ou polaires cylindriques ?

En fonction de la réponse qu'il donnera à cette question (qui dépendra des données qui lui seront fournies dans l'énoncé du problème), il pourra déterminer l'outil adéquat. Etc.

La forme "mind map" me semble ainsi particulièrement adaptée pour structurer les informations, et les synthétiser en vue des réactivations ultérieures (= révisions).

Voici d'ailleurs la première mind map que l'étudiant dont je vous parlais au début de cet article a réalisée pour son cours de probabilités :

 

On voit bien (même si comme moi on ne connaît rien aux probabilités…), comment il a su classer les informations en fonction du problème, et les synthétiser pour les faire tenir sur le recto d'une feuille A4.

Il a réalisé en tout et pour tout 6 fiches pour l'ensemble de son cours. Ce travail lui a permis d'organiser toutes les informations dans sa tête, de leur donner du sens et d'en avoir une vue globale.

Ensuite, il a réalisé des exercices divers pour vérifier que tous les cas possibles étaient bien pris en compte. Si ce n'était pas le cas, il complétait ses fiches. 

Finalement, tout ce travail l'a conduit sans même s'en rendre compte à mémoriser l'ensemble. Si cela n'avait pas été le cas, quelques séances de révision lui auraient vraisemblablement permis d'y parvenir sans trop de difficulté. 

Pourquoi ?

Parce que mémoriser, c'est avant tout faire des liens, donner du sens, structurer et organiser les informations et les réactiver en les réutilisant, les revoyant dans sa tête ou en se les redisant. Il a donc travaillé à mémoriser son contenu en même temps qu'il se donnait pour objectif de le comprendre.

 

Voici pour finir un schéma dont vous pouvez vous inspirer pour réaliser des fiches "problème" sous forme de mind maps :

3 thoughts on “Les procédés mnémotechniques (et les mind maps) appliqués aux cours de mathématiques”

  1. Etant conseiller d'orientation ce site m'a beaucoup aidé dans la preparation de mes interventions auprès des apprenants je vous suis entièrement reconnaissant.Vive Apprendreaapprendre!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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